Tentative de putsch raté: Ne Mwanda Nsemi sur les traces de Mukungubila

Ils ont été une trentaine, les adeptes de la secte politico-mystico-religieuse Bundu Dia Kongo présentés par les autorités congolaises comme les auteurs des attaques du lundi 7 août dernier à Kinshasa et dans certaines villes de la province du Kongo Central.

Au cours d’une cérémonie en présence du Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, du ministre de la Défense, le Porte-parole de la police, le colonel Pierrot Mwanamputu, a présenté ces putschistes présumés avec des armes blanches notamment des fusils de fabrication artisanale et des « fétiches ». A l’en croire, ils avaient pour but de renverser le pouvoir en place en attaquant l’émetteur de la RTNC et l’aéroport international de N’djili. Un mode opératoire qui rappellerait celui du 30 décembre 2013 signé par les adeptes d’un autre chef religieux, le pasteur Joseph Mukungumbila.
Ce jour-là, une attaque suivie d’une prise d’otage en direct à la télévision nationale étaient menées simultanément avec une incursion à l’aéroport de N’djili par des hommes armés des bâtons « magiques » et de manchettes. Ces derniers ont été maitrisés rapidement par les éléments de la garde républicaine. Un bilan de plusieurs morts « parmi les assaillants » et des arrestations fut donné par le gouvernement qui affirmait à l’époque que des procès allaient être ouverts.
Des mois avant de passer à l’acte, le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo avait demandé à plusieurs reprises le départ du président Joseph Kabila. Depuis son exil sud-africain, celui qui se fait appeler le « serviteur de l’éternel » avait publié, le 5 décembre de la même année, une lettre ouverte dans laquelle il dénonçait une mauvaise gestion du pays et une présence rwandaise au sommet de l’Etat.
Comme Mukungubila, Ne Mwanda Nsemi s’oppose, depuis des années, au régime de Joseph Kabila par des mêmes revendications. Son arrestation en mars dernier avait fait des victimes dans son domicile parmi ses adeptes. Incarcéré à la prison de Makala, il avait réussi à s’évader à la faveur de l’attaque spectaculaire du 17 mai dernier et vit depuis, dans la clandestinité.
Les deux hommes sont littéralement vénérés par leurs adeptes qui leur attribuent des pouvoirs mystérieux. Pour les hommes de Mukungumbila, ils étaient habillés pendant l’attaque, de tricots estampillés à l’effigie de leur leader et ce sont des bâtons « magiques » qui avaient été utilisés selon des témoins, pour neutraliser les militaires postés aux portes de la radiotélévision nationale.
Mais c’est le chef de BDK qui inspire plus de crainte à cause des puissances ancestrales qu’il détiendrait. Celle-ci serait incarnée par le « Ndika », la redoutable arme utilisée par ses « makesa ». Curieusement, modernité oblige, « Tata Longi » développe un penchant vers les réseaux sociaux à travers lesquels il communique depuis un temps avec ses soutiens. C’est d’ailleurs le moyen par lequel il avait annoncé l’attaque du lundi dernier. En effet, dans une vidéo postée sur internet en juin dernier, il avait promis de libérer le « Kongo » qu’il se propose de diviser en deux Etats.
D’autre part, outre le fait qu’ils soient tous des opposants au pouvoir actuel, les deux leaders spirituels développent des thèses xénophobes et se montrent méfiants envers d’autres opposants entre autres Moïse Katumbi.

R. Djanya

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