Présidentielle : Bemba, un candidat recalé ?

Pendant que toutes les femmes du monde et particulièrement celles de la République démocratique du Congo fêtaient la Journée Internationale de la Femme, les militants du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et d’autres Congolais curieux avaient les yeux et les oreilles tournés vers La Haye (Pays-Bas) où la Chambre d’Appel de Cour Pénale Internationale (CPI) rendait sa sentence sur les appels interjetés par les Avocats de Jean-Pierre Bemba. Le verdict est, hélas, tombé : la Chambre d’Appel confirme les charges contre le leader du MLC, mais l’acquitte d’une accusation.

Du verdict rendu par la CPI, le magazine français Jeune Afrique, rapporte que l’on peut retenir que la Chambre d’appel a confirmé les condamnations de Jean-Pierre Bemba et de ses deux proches, mais aussi celles de Jean-Jacques Mangenda Kabongo et Narcisse Arido. Ces deux dernières personnes citées sont aussi impliquées dans l’affaire de subornation des témoins.
Cependant, la Chambre d’appel considère que « la Chambre de première instance a commis une erreur en estimant qu’elle avait le pouvoir inhérent d’imposer une peine avec sursis et en ordonnant la suspension le temps restant d’emprisonnement en faveur de Aimé Kilolo et Jean-Jacques Mangenda ».
En conclusion, la Chambre d’appel considère que les condamnations prononcées à m’encontre de Jean-Pierre Bemba, Jean-Jacques Mangenda et Me Aimé Kilolo sont matériellement affectés par chacune de ces erreurs ».
C’est en mai 2008 que Jean-Pierre Bemba avait été arrêté dans la banlieue bruxelloise. La CPI a obtenu l’arrestation du leader du MLC, suspecté de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, pour viols, tortures et pillages commis en République Centrafricaine en 2002 et 2003.

Un candidat recalé
En attendant que la Chambre d’appel ne rende son verdict sur les appels interjetés par les Avocats de Jean-Pierre Bemba, les militants du MLC et d’autres acteurs politiques de l’Opposition s’étaient mis à rêver de voir le Chairman de compétir à la prochaine présidentielle en RDC après sa relaxation par la Cour Pénale Internationale. Au finish, la course vers le Palais de la Nation, prévue le 23 décembre prochain, se déroulera sans le sénateur Jean-Pierre.
La relaxation de Jean-Pierre Bemba et son retour au pays, soutiennent plusieurs analystes, aurait pu requinquer une Opposition qui peine à prendre ses marques, mieux, à mobiliser face à un pouvoir décidé à ne rien lâcher. Charismatique et bon harangueur de foules, le leader du MLC serait la personne idoine capable à redonner du souffle au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop), mais surtout à même de bousculer le pouvoir en place.
Aux élections malgré tout
A moins d’un revirement de dernière minute, son parti, le MLC, a affirmé sa Secrétaire général, Eve Bazaïba, prendra part aux élections présidentielle et législatives attendues dans neuf mois en RDC. Sur ce chapitre, le MLC et l’UNC (Union pour la Nation Congolaise) de Vital Kamerhe travaillent sur la mise en place d’une plate-forme électorale. Une question reste cependant pendante : le MLC présentera-t-il un candidat à la prochaine présidentielle en l’absence de Jean-Pierre Bemba ?
Selon certaines indiscrétions, la coalition MLC-UNC aura un candidat à la présidentielle même si Jean-Pierre Bemba n’est pas libéré. Il semble que la bataille se jouera entre Eve Bazaïba (MLC) et Vital Kamerhe. Si jamais toute l’Opposition levait l’option de présenter un candidat unique, le bloc MLC-UNC brandira son candidat pour négocier.
Candidat à l’élection présidentielle en 2006, Jean-Pierre Bemba avait été battu au second tour par 42 % contre 58% pour Joseph Kabila. Inculpé de haute trahison par le régime de Kinshasa, l’ancien Vice-Président de la République était obligé de s’exiler en Europe.
CN

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