Joseph Kapika fait jaser à l’Economie nationale 

Entre l’observance des principes qui réglementent l’administration publique et les liens amicaux, le second semble l’emporter sur le premier dans l’action du nouveau ministre d’Etat en charge de l’Economie nationale, apprend-on, des sources proches du ministère. Seulement deux mois après sa prise de fonction, l’ancien sociétaire de l’UDPS fait déjà parler de lui en mal.   
La présence de Joseph Kapika au ministère de l’Economie nationale est-elle dominée par un souci de rendre l’ascenseur à ceux qui l’ont soutenu ? C’est la terrible question qui semble revenir sur les lèvres de certains agents de ce ministère.
Le rififi a commencé loin de Kinshasa. C’était lors de la visite du ministre de tutelle effectuée, fin juin, dans la Division provinciale du Haut-Katanga où Joseph Kapika est allé réinstaller « de force » le chef de Division M. Mukiny-A-Chiyen suspendu. Et cela, au mépris des inspecteurs présents sur le lieu et sans même impliquer le secrétaire général à l’Economie nationale.  Ce forcing du ministre intervient pendant qu’un mémorandum de la délégation syndicale du Haut-Katanga sur ce dossier gisait dans ses tiroirs. Ce qui n’a pas empêché à certains agents de critiquer l’acte du ministre, le qualifiant de dictature. Et depuis, l’atmosphère reste toujours tendue entre, d’un côté, bon nombre d’agents et cadres de ce portefeuille et Joseph Kapika, de l’autre.
Plus grave, indique une source, le ministre a fait arrêter, le même jour, des inspecteurs qui contestaient la violation des procédures par le ministre, avant de forcer les portes et installer son protégé. Non sans lâcher des propos intimidants à l’égard des syndicalistes. « Vous voulez me poignarder dans le dos ? Vous oubliez que le secrétaire général est assis, moi je suis débout. Je vais lui faire mal », balance-t-il. Et depuis, Mukiny-A-Chiyen a repris ses fonctions en dépit du fait que tous les inspecteurs généraux ne veulent plus de lui.
Mais pourquoi le retour de ce chef de Division fait-il un grand bruit ? Que lui reproche-t-on ? A en croire des sources proches du dossier, des faits graves tels que le détournement de rétrocession des agents durant cinq ans, le tribalisme (des menaces contre des Kasaïens) ainsi que des actes d’improbité et d’immoralité, allusion faite à la « présence des préservatifs utilisés et jetés dans la poubelle, et non utilisés trouvés dans les tiroirs, gardés encore au bureau des services généraux. »
Par ailleurs, l’on apprend également que d’autres agents seraient d’ores et déjà suspendus par le même ministre pour des motifs non élucidés.
Ancien sociétaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Joseph Kapika vociférait à gorge déployée notamment sur la mauvaise gestion des membres de la Majorité présidentielle présents au gouvernement. Ayant parvenant à son ministère grâce au débauchage après le dialogue du Centre interdiocésain, le nouvel homme fort ne fait guère montre d’exemplarité. Donnant ainsi une partie de réponse à l’interrogation du secrétaire général de la CENCO, Donatien Nshole, sur la garantie de voir, demain, les opposants (Rassemblement) gouverner autrement le pays que l’actuelle majorité.

CN

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