Félix Tshisekedi peut réunir l’Opposition si…

Rentré récemment d’une tournée euro-américaine, Félix Tshisekedi, le président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop), a animé une conférence de presse à Kinshasa. Au cours de celle-ci, le fils d’Etienne Tshisekedi a lancé un appel à toutes les forces du changement à l’unité.

« Je lance un appel pressant à la nécessaire unité de toutes les forces anti-Kabila pour accélérer le processus de l’alternance démocratique et libérer le pays d’ici au 31 décembre 2017 », tel était le message essentiel que Félix Tshisekedi à l’endroit de ses collègues de l’Opposition.
Pour lui, « l’unité de toutes les forces de l’Opposition constitue un gage pour barrer la route à l’imposture », a fait savoir le président du Rassemblement. Dans la foulée, Félix Tshisekedi a accusé le régime de Kinshasa d’avoir fait de la République Démocratique du Congo (RDC) non seulement une vaste prison à ciel ouvert, mais aussi un mouroir et un tombeau aux profondeurs abyssales ».
Félix Tshisekedi a profité de son face-à-face avec la presse pour répondre à tous ceux qui le voient négocier avec Joseph Kabila pour occuper les fonctions de Premier ministre pendant une nouvelle période de transition. « L’heure est grave ; notre patience a atteint ses limites, nous n’allons plus accepter aucune autre négociation avec le régime », a tranché le président du Rassop.

Ce que doit faire Fatshi
Si la volonté de Félix Tshisekedi d’appel toutes les forces de l’Opposition à l’unité pour combattre «l’ennemi commun », certains analystes estiment qu’il ne devrait pas le faire devant les journalistes au cours d’une conférence de presse. « Au lieu d’appeler ses collègues en public, il devrait aller vers eux ; parler avec eux en aparté », suggère un cadre d’un parti membre du G7 (la principale plate-forme qui soutient la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle). Appeler les autres opposants sans les consulter, Félix Tshisekedi veut donner l’impression qu’il leur demande de venir se mettre autour de lui. Or, il est clair que Vital Kamerhe, le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), arrivé 3ème à la présidentielle de 2011 n’acceptera pas d’être traîné par Félix Tshisekedi. Cela risque d’être le cas avec Eve Bazaïba, la Secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo (MLC), le parti de Jean-Pierre Bemba.

Quel genre de regroupement ?
Si jamais les autres leaders de l’Opposition positivement à l’appel du président du Rassemblement, une question s’impose : ils vont évoluer dans quelle structure ? Réagissant à l’appel de Félix Tshisekedi, certains leaders de l’Opposition, notamment ceux de l’UNC et du MLC estiment qu’il ne serait important de mettre en place une nouvelle plate-forme, mais plutôt une union autour d’un idéal ; par exemple se mettre d’accord sur la manière de mener le combat devant aboutir à l’alternance politique en RDC. Créer une nouvelle devrait avoir comme conséquence la dissolution du Rassemblement. Cela appellera la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante. Or, cette démarche risque de créer des mécontents de la part de ceux qui se sont battus et investis pour la mise en place de la super structure qu’est le Rassop. Du côté du MLC, on soutient l’idée, mais on soutient l’unité de l’Opposition en ce qui concerne les actions à mener contre le régime de Kinshasa.
Félix Tshisekedi doit avoir de la jugeote pour voir son idée se concrétiser. Il devra faire preuve d’humilité et de pragmatisme politique s’il tient à obtenir ce qu’il cherche.

Thomas NABOR

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