«Débout Congolais» de la CENCO: Est-ce le plan B tant redouté par la MP ?

Pourtant repris dans l’hymne national, ce bout de phrase devenu depuis le 23 juin dernier le maitre mot des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) fait très mal dans certains QG politiques, particulièrement au sein de la Majorité présidentielle.
Après avoir joué à la médiation dans un dialogue où l’application des conclusions a quasiment été hypothéquée par la Majorité présidentielle, la CENCO semble revenir à la charge. Cette fois, non pas pour conduire un nouveau dialogue, mais pour sensibiliser la population aux manifestations pacifiques. « Ils [Congolais] doivent arriver à faire pression, à montrer aux politiciens qu’ils ne sont pas d’accord avec eux, ils doivent tenir compte de leurs aspirations », a déclaré à actualite.cd, Donatien N’shole, secrétaire général de la CENCO. Cette décision aux élans de l’application de l’article 64 de la Constitution (qui stipule dans son 1er alinéa que « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution »), la CENCO semble activer, sans peut-être le dire, une forme du plan B. Et cela, après le quasi échec de l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Au lieu d’appliquer l’Accord du 31 décembre 2016 et de signer l’arrangement particulier de ce consensus, la Majorité présidentielle a préféré signer ce que l’abbé Donatien Nshole a qualifié des « engagements particuliers ». Du côté de la majorité, c’est presqu’une insomnie qui anime certains de ses animateurs qui voient dans « Débout Congolais » une déclaration « incendiaire ». Pour Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, la CENCO soutient ceux qui veulent balkaniser la RDC. « Un non-sens », rétorque Nshole. Ce dernier rappelle que la CENCO est l’institution qui a organisé, il y a quelques années, une marche au niveau national pour dire non à la Balkanisation. « Et les évêques, je crois qu’ils sont parmi les rares personnes qui sont cohérentes dans leur façon d’agir. Ils ne sont pas comme les politiciens qui disent le contraire de ce qu’ils croient. Aujourd’hui, ils disent une chose et demain une autre. », tance-t-il.

Main forte à l’opposition ?
Pendant que la CENCO justifie ses positions par la crise que traverse le pays ainsi que le danger qui guette la nation à cause du non-respect de l’application intégrale de l’Accord, la majorité elle voit une main forte à l’opposition. Ou mieux, au Rassemblement de Limete. Ce qu’a réfuté complètement Donatien Nshole : « Qu’est ce qui garantit que l’opposition ou le Rassemblement fera mieux demain ? On a aucune garantie, les évêques n’ont aucun agenda avec l’opposition, la préoccupation des évêques aujourd’hui c’est une solution durable pour améliorer les conditions de vie des Congolais. » Pour lui, les évêques demeurent fidèles à leur mission prophétique, c’est-à-dire, d’être des éveilleurs de la population, d’être la sentinelle de la communauté, dénoncer et annoncer à temps et à contretemps pour le bien-être du peuple congolais.

CN

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