Le CNSA peut-il vraiment sauver Katumbi ?

Le Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral a ouvert une mission de clarification auprès du gouvernement sur des cas emblématiques concernant les opposants Moïse Katumbi, Diomi Ndongala, Franck Diongo et Jean-Claude Muyambo.

« La Plénière a décidé de mettre en place une mission de décrispation conduite par son président en vue de s’enquérir précisément des cas des personnalités suivantes: Moïse Katumbi, Franck Diongo, Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala ». C’est ce qui ressort de la deuxième séance plénière extraordinaire du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CENSA) tenue mardi à Kinshasa.
Ces opposants ont été classés, dans l’accord de la Saint-Sylvestre, dans le lot des cas emblématiques qui doivent soit, bénéficier de l’abandon de poursuites pour un retour libre au pays (Katumbi), soit de la liberté. Le cas de Muyambo, Diomi et Diongo.
Dans l’opinion, beaucoup s’interroge sur la volonté ou la capacité du CNSA de sauver notamment Moïse Katumbi, ce candidat déclaré pour la prochaine présidentielle. Mais, jusque-là, inéligible à cause d’une condamnation de trois ans dans une affaire de spoliation d’un immeuble.
Une affaire qui, selon un rapport de la Conférence épiscopale nationale du Congo, est « politiquement motivée » dans le seul but d’écarter l’ancien président interfédéral du PPRD/Katanga de la course à la présidence de la République.
L’enjeu politique sur cette affaire est de taille. Depuis qu’il a quitté la Majorité présidentielle, le président du TP Mazembe doit faire face à des ennuis judiciaires. Ce qui pousse à dire que le pouvoir, qui a mal digéré sa « trahison » à Joseph Kabila, est derrière tous ces problèmes.
Beaucoup doutent que le CNSA, institution dont les membres sont présentés comme proches du pouvoir, ait réellement la volonté de débloquer le dossier Katumbi. L’initiative prise ne serait qu’un camouflage politique pour sauver les apparences. La mission serait de donner l’impression d’avoir tout tenté pour que la décrispation politique soit totale. En vain, car certains problèmes étaient liés au droit commun.
Même si ses membres avaient réellement la volonté, le CNSA n’a pas encore d’existence juridique. Donc, il aura du mal à peser devant le gouvernement, à travers le ministère de la Justice. Le projet de loi portant son fonctionnement traîne encore à l’Assemblée nationale.

DECLARATION N°002 DU CNSA A LA SUITE DE SA SEANCE PLENIERE DU MARDI 21 NOVEMBRE 2017
Le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA) s’est réuni ce mardi 21 novembre 2017, en séance plénière ordinaire sous la présidence de Monsieur Joseph Olenghankoy Mukundji, son Président.
La Plénière s’est principalement focalisée sur la décrispation politique et l’évolution du processus électoral.
1. Décrispation politique
2. Libération des prisonniers
La Plénière a constaté, après sa séance de travail avec le Ministre d’Etat en charge de la Justice et Garde des Sceaux, quelques avancées en ce qui concerne la libération des prisonniers politiques, bien qu’il en reste encore d’autres en détention. C’est pourquoi, le CNSA a constitué une mission pour obtenir l’accélération de la libération effective des prisonniers restants auprès dudit Ministère ainsi que de toute autre autorité compétente.
Dans ce même ordre d’idées, la Plénière vient de décider de mettre en place une mission de décrispation conduite par son Président s’enquérir précisément des cas des personnalités suivantes: Moïse Katumbi, Franck Diongo, Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala.
Par ailleurs, la situation de l’ancien Président de l’Assemblée provinciale de l’ex. Katanga, Monsieur Gabriel Kyungu, a retenu l’attention de la Plénière, qui a chargé le Président d’en obtenir de plus amples informations dans les meilleurs délais.
1. Restriction des manifestations publiques
En ce qui concerne les manifestations publiques, le CNSA rappelle que celles-ci, de même que la liberté de mouvement, sont garanties par la Constitution ainsi que les lois de la République. Aussi, le CNSA invite-t-il le Gouvernement au strict respect de ces dispositions.
Dans la même optique, tous les acteurs politiques sont également invités à préserver la paix dans cette période préélectorale, conformément au chapitre V.8 de l’Accord qui invite les parties prenantes à s’engager : « à poser tout autre geste nécessaire à la restauration de la confiance au sein de la Nation congolaise et entre elles, à conjuguer ensemble tous les efforts en vue du maintien de la paix et du renforcement de la concorde nationale ainsi que qu’à bannir tout comportement et propos incompatibles avec la paix».
2. Processus électoral
Le CNSA vient de diligenter une mission de suivi de l’identification et de l’enrôlement des électeurs dans l’espace Kasaïen, notamment dans les provinces du Kasaï et du Kasaï Central.
Fait à Kinshasa, le 21 Novembre 2017
Joseph OLENGHANKOY MUKUNDJI
Président

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