CENI-MP : le tango parfait !

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Majorité présidentielle (MP) ne parle que d’une seule voix… Ce vieux couple harmonieux ne s’est jamais contredit sur les croques-en-jambe qui empêchent la tenue de la présidentielle en décembre 2017. Et récemment à Paris, Nangaa a de nouveau dansé aux pas de cette famille politique.   

Alors que la primeur d’un éventuel report des élections devrait revenir aux Congolais, le président de la CENI, Corneille Nangaa l’a fait à l’étranger. Le 7 juillet 2017, à Paris, Nangaa Yobeluo a annoncé, pour la énième fois, « l’impossibilité » d’organiser des élections présidentielle, législatives et locales en République démocratique du Congo.
Cette annonce qui, en réalité n’est qu’un secret de polichinelle, nombre de Congolais l’entendaient déjà de la bouche de certains cadres de la Majorité présidentielle et même chez les opposants débauchés actuellement au gouvernement Tshibala. « C’est un leurre de parler d’élections en décembre 2017 », s’amusait à répéter Justin Bitakwira, ministre du Développement rural et autorité morale d’une plateforme dénommée Opposition citoyenne.
Pour la Majorité présidentielle et ses affidés, on ne peut pas aller aux élections avec une situation d’insécurité grandissante, notamment dans les Kasaï. C’est le même argument brandi par le président de la République, Joseph Kabila, devant le vicaire général délégué de l’archevêque de Lubumbashi et le reste des confessions religieuses invitées par lui dans la capitale cuprifère.
Et aujourd’hui, Corneille Nangaa – sans attendre l’évaluation du processus électoral comme le souhaite l’accord de la Saint-Sylvestre – a dansé aux pas de la Majorité présidentielle. Ce qui a irrité aussi bien l’opposition qu’une bonne partie de la société civile. « Ce renvoi sine die de la tenue d’élections est jugé d’illégal et d’arbitraire, car il n’est fondé sur aucun rapport d’évaluation ni une étude de terrain rendus publics.
Cette action constitue ainsi une atteinte grave au droit de vote qui est une prérogative fondamentale garantie à tout Congolais par l’article 5 de la Constitution du pays et l’article 21 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH). », a déclaré, samedi 8 juillet, l’Institut pour la recherche en Droits humains (IRDH) avant de tancer Nangaa : « En sa qualité de Président d’une institution publique d’appui à la démocratie, toute décision de Nangaa de changer la période au cours de laquelle devrait se tenir les élections devrait être écrite, motivée et prise dans le respect des procédures en la matière. Pour ne l’avoir pas fait, Nangaa engage sa responsabilité personnelle. »
Cette association ne s’arrête pas en si bon chemin dans sa critique. Elle pense que face au manque de justification documentée des propos du Président de la CENI, les ONG devraient remettre en cause la manière dont elles défendent les droits de l’Homme. Elles doivent, d’après l’IRDH, d’une part, rééduquer le souverain primaire en lui expliquant pourquoi il doit reconquérir son droit de vote violé systématiquement. Et de l’autre, elles doivent en même temps attraire M. Nangaa devant les instances judiciaires de la République ou internationales, pour violation des droits de l’Homme, en l’occurrence, le droit du peuple congolais de designer les représentants de son choix.

Une défense mutuelle…
Entre la MP et la CENI, l’entente est parfaite. Et c’est comme si les deux structures se soufflaient mutuellement les positions à prendre face aux critiques de l’opposition et de la communauté internationale. Lambert Mende qui s’en prend à quiconque critique les méthodes de la centrale électorale. Un peu comme pour dire à l’opposition qu’on ne danse pas le tango à trois. La Ceni de son côté, ne se plaint de rien ! Même quand le gouvernement ou le Parlement ne lui fournissent pas tout ce qui est nécessaire à l’évolution rapide du processus électoral. Entre les deux, c’est quasiment une défense mutuelle. Un couple harmonieux qui danse parfaitement son tango, sans se préoccuper « vraiment » des élections. La lenteur historique dans le processus d’enrôlement des électeurs observé à Kinshasa semble être un détail de plus sur cette insouciance de la paire CENI-MP.

CN     

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WhatsApp chat