New York : Guterres, Kabila et l’Accord du 31 décembre 2016
Très attendu, le discours de Joseph Kabila à la tribune des Nations Unies est tourné dans tous les sens par les analystes et/ou observateurs de la scène politique congolaise. Tous ou presque attendaient sa position et celle de son Gouvernement sur l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 signé entre les délégués de la Majorité Présidentielle et ceux du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop).
Dans son discours, le président de la République Démocratique du Congo a salué les efforts de la classe politique qui a conclu un Accord politique à l’issue des discussions directes conduites par les Evêques catholiques. Pour lui, cet Accord devrait conduire les Congolais aux élections. Parlant justement de la tenue des élections présidentielle et législatives– fixées au plus tard le 31 décembre 2017 par ledit Accord – Joseph Kabila a simplement dit « qu’elles sont irréversibles ».
« J’affirme que le cap vers les élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé, a dit Joseph Kabila du haut de la tribune de l’ONU. Notre marche dans cette direction est irréversible ». Sans avancer une date quant à la tenue des élections dans son pays, Joseph Kabila a indiqué que celles-ci devraient se faire « sans ingérence extérieure ni diktat quelconque ».
Elections : l’ONU apporte son soutien
L’application de l’Accord dit de la Saint-Sylvestre a été au centre des entretiens entre Joseph Kabila et Antonio Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies. António Guterres a réaffirmé le soutien de son institution pour la paix et le développement en RDC. Dans la foulée, le SG de l’ONU a « encouragé le Gouvernement et les acteurs politiques congolais à s’engager fermement dans la mise en œuvre effective et à temps de l’accord politique du 31 décembre 2016 ».
Devant Joseph Kabila, Antonio Guterres a rappelé qu’à l’issue de la réunion à huis clos sur la situation de crise que vit la RDC, tenue le 20 septembre à New York, les Nations Unies ont proposé son soutien aux efforts du Gouvernement congolais pour l’organisation des élections crédibles et transparentes dans un délai raisonnable.
La Belgique enfonce le clou
Ancienne puissance colonisatrice de la RDC, la Belgique suit de près l’évolution de la situation politique au Congo-Kinshasa. Prononçant son discours du haut de la tribune de la 72ème session de l’ONU, Charles Michel, le Premier ministre belge a affirmé la position de son pays quant au respect des principes démocratiques qu’il a jugés irréversibles en RDC.
Pour ce faire, le chef du gouvernement belge a appelé les Etats membres des Nations Unies d’observer l’honnêteté du processus électoral. Il a souligné qu’il est du devoir de la communauté internationale d’accompagner la RDC dans ce processus, gage du maintien des aspirations démocratiques du peuple congolais.
« A l’heure où le débat sur le coût des opérations de maintien de la paix est entamé, nous ne pouvons pas abandonner la République Démocratique du Congo, a lancé le Premier ministre belge. Nous devons au contraire l’accompagner pour qu’elle puisse s’ancrer dans un processus démocratique irréversible au moyen, notamment, de l’organisation des élections honnête, transparentes et inclusives ».
Au niveau de la Majorité Présidentielle, on estime que l’Accord de la Saint-Sylvestre est déjà mis en application avec la nomination de Bruno Tshibala en qualité de Premier ministre et de Joseph Olengankoy comme président du Conseil National du Suivi de l’Application de l’Accord (CNSA).
Thomas NABOR