Moni Della : « la SADC ne peut pas décider à notre place »

Le président du parti Conservateurs de la nature et démocrates (CONADE) balaie d’un revers de la main la dernière conclusion de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) tablant sur l’impossibilité d’organiser les élections cette année en République démocratique du Congo.

Près d’une heure de marche aura suffi à Moïse Moni Della, accompagné des cadres et militants de son parti en effervescence, de quitter le siège national des Conservateurs de la nature et démocrates (CONADE) pour atteindre l’Institut Liloba, au quartier Gramalic, dans la commune de Ngaliema. Objectif : obtenir sa carte d’électeur.
Au sortir du bureau d’enrôlement, cet opposant, brandissant fièrement sa carte d’électeur, n’a pas boudé son plaisir à répondre à quelques questions de la presse. Actualité oblige, Moni Della a profité de cette occasion pour rejeter la dernière position des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).
A l’issue du 37ème sommet de cette organisation sous régionale, le 20 août, les participants ont indiqué qu’il est impossible, au regard d’un certain nombre de défis à relever, d’organiser les élections cette année en RDC.
Jacob Zuma en tête, les chefs d’Etat et de gouvernement de la SADC invitent la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à publier un calendrier électoral révisé. Ils ont ainsi décidé de l’envoi d’un envoyé spécial de la SADC en RDC pour suivre de près le processus électoral.
Cette position n’est pas du goût de Moïse Moni Della qui note qu’il n’appartient pas à la « SADC » de décider à la place du peuple congolais. Un peuple qui, selon lui, n’aspire qu’à une chose : élire ses dirigeants à la fin de cette année, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre signé grâce à la médiation des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
« Grâce à cette carte d’électeur, le peuple va sanctionner négativement ou positivement. C’est une carte d’avenir. C’est une arme pour un peuple qui s’assume », a-t-il indiqué devant une foule acquise à son sort.
« L’accord du 31 décembre a essayé de prolonger, d’une année, le mandat du pouvoir titubant, décadent, balbutiant de Joseph Kabila. Cette fois-ci, le peuple n’acceptera plus une nouvelle prolongation », a déclaré celui qui a passé plus de quatre mois à la prison centrale de Makala, libéré grâce au compromis de décrispation du climat politique exprimé dans l’accord de la Saint-Sylvestre.
Au cas où la CENI n’organise pas les élections cette année, Moni Della reste convaincu que le peuple va se prendre en charge, en utilisant des moyens pacifiques de contestation comme la « désobéissance civile ».
L’ancien vice-ministre de l’Information et Médias appelle ainsi les citoyens qui n’ont pas encore obtenu leurs cartes, de le faire avant la clôture des opérations dans quelques jours.

Katz.

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