Les autorités ont refusé, mardi 9 août, de renouveler le visa de Mme Ida Sawyer, chercheuse de l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW). Les raisons de ce refus ne sont pas connues… La concernée a quitté le pays dès hier soir, d’après RFI.

Droits de l’homme: Ida Sawyer ou l’autre Scott Campbell ?
Après le directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), Scott Campbell, c’est au tour d’une chercheuse de l’ONG américaine des droits de l’homme de quitter la République démocratique du Congo. Les raisons du refus de renouvellement de son visa ne sont pas clairement élucidées par la Direction générale de migration (DGM)
Son visa qui courait pourtant jusqu’à 2019 avait été annulé en juillet. Sa demande de renouvellement a simplement été rejetée. Elle a donc plié bagages… Ida Sawyer était basée en RDC depuis 2008.
Son expulsion suscite, depuis hier, in flot de réactions. Certaines formations politiques de l’opposition y voient un autre musèlement des organisations de défense des droits de l’homme au pays. « Cette expulsion, faisant suite à celle, il y a quelques mois, de M. Jason Stearns du Groupe d’études sur le Congo, constitue un nouveau pas dans le dangereux éloignement de la République démocratique du Congo de son destin de pays démocratique et économiquement mature au cœur de l’Afrique », note un communiqué de la Dynamique de l’opposition.
Les deux cas évoqués par cette structure viennent s’ajouter à celui de Scott Campbell. Ce dernier avait été déclaré persona non grata par le gouvernement. L’on se souvient de ses rapports sur l’opération « Likofi » (entendez : coup de poing) menée contre le banditisme urbain à Kinshasa.
Et cette organisation américaine dénonce régulièrement des cas de violation des droits de l’homme en RDC. D’après BBC Afrique, Ida Sawyer avait beaucoup contribué notamment dans l’arrestation du général Bosco Ntaganda jugé actuellement à la Cour pénale internationale (CPI).
En plein virage de fin mandat présidentiel, la RDC est en proie à des tensions politiques réelles mais parfois latentes. Plusieurs rapports internationaux présentent le pays comme un lieu à haut risque. La présence de ces personnalités au pays ou leurs rapports semblent sensiblement gêner. C’est « une tentative de museler les rapports sur la répression brutale du gouvernement de ceux qui soutiennent la limitation des mandats présidentiels », a indiqué dans un communiqué, Ken Roth, directeur exécutif de cette ONG américaine.
Ida Sawyer ou Scott Campbell, les deux personnalités obligées de quitter le pays pour des raisons diverses ont pourtant un et un seul trait commun : œuvrer pour les droits de l’homme en RDC. Serait-ce là le nœud gordien de leur expulsion ?
CN
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