La CENI prise en otage par les politiques

Censée être à l’heure dans l’organisation des élections, la Commission électorale nationale indépendante est au point zéro à quelques mois de la présidentielle et des législatives. Un retard qui ne s’explique que par une chose : le bâton dans les roues mis par les acteurs politiques. « Le train des élections est en marche ». C’est la phrase que ne cessait de rappeler, depuis 2013, le président sortant de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Apollinaire Malumalu. Ce, après la restructuration de cette institution d’appui à la démocratie qui a la tâche d’organiser des élections dans le pays. Près de trois ans écoulés, le train des élections n’a jamais quitté la gare.
A ce jour, rien n’est fait, si ce n’est la démission, en octobre 2015, de l’abbé Apollinaire Malumalu pour des raisons de santé et son remplacement par Corneille Naanga. La CENI est au point zéro dans son travail d’organiser les élections. Rien, absolument rien, n’a été fait pour avancer vers la tenue des scrutins, à part des ateliers et autres conférences qui n’ont rien avancé. A l’instar du fameux comité de liaison CENI-partis politiques. Ce blocage porte la marque des politiques qui, apparemment, ont pris le dessus sur l’indépendance de cette institution. Corneille Naanga a, d’ailleurs, dernièrement indiqué que son institution attend l’issue du dialogue politique national inclusif convoqué par le président de la République, pour prendre un certain nombre de décisions par rapport au processus électoral. Parmi ces décisions, le réaménagement du calendrier. En effet, le calendrier électoral global publié en février 2015 est tombé presque caduc. Les élections provinciales et locales prévues en 2015 n’ont jamais été organisées.
Ni le gouvernement, encore moins les partenaires internationaux n’ont débloqué les moyens financiers nécessaires. En fin de l’année dernière, l’Etat s’était dit même incapable de décaisser 2 millions de dollars pour l’organisation des élections de gouverneurs de nouvelles provinces, préférant nommer les commissaires spéciaux non sans soulever des interrogations sur la constitutionnalité de cet acte. Depuis 2013, chaque année est annoncée électorale. Mais, au finish, elle se révèle être « année sans élection » à cause essentiellement du manque de volonté politique.
Jérémie Kenda Tshinyama, coordonnateur d’une structure de la société dénommée Mission internationale d’observation électorale (MIO), invite vivement le gouvernement et la communauté internationale de financer la CENI pour sauver le processus électoral.

Katz.

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