Que vaut l’Arrangement particulier sans le Rassop Limete ?

Le « match » débuté au mois de décembre 2016 au Centre interdiocésain entre la Majorité Présidentielle et le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop) s’est terminé hier, 27 avril 2017, au Palais du Peuple avec la signature de l’Arrangement particulier. Constat : tout le monde n’était pas présent, notamment Félix Tshisekedi, le président du Rassemblement.

Si tous les délégués de la Majorité Présidentielle qui avaient pris part aux discussions directes pilotées par les Evêques catholiques étaient présents dans la salle de Congrès du Palais du Peuple, la moisson était moindre du côté du Rassemblement. Sur le 13 délégués du RASSOP qui qui étaient présents aux travaux conduites par la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), seuls Joseph Olengankoy et Lisanga Bonganga ont apposé leurs signatures au bas du document. Même Valentin Mubake, pourtant reçu par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, lors des consultations initiées par la Présidence de la République, n’a pas pris part à la cérémonie d’hier. Pour Valentin Mubake, « Aubin Minaku et Léon Kengo, respectivement présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, n’ont pas le pouvoir de présider la cérémonie de la signature de l’Arrangement particulier ». Pour lui, « les deux personnalités politiques sont membres de la Majorité Présidentielle ». Les délégués venus de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) – Félix Tshisekedi, Théo Tshilumba, Jean-Marc Kabund – n’ont pas fait le déplacement du Palais du Peuple. Tout comme les délégués envoyés par le G7 et l’Alternance pour la République (AR), deux plateformes qui soutiennent la candidature de Moïse Katumbi.

Le MLC divisé ?
Invité à prendre part à la cérémonie de la signature de l’Arrangement particulier issu de l’Accord du 31 décembre, le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, bien que représenté par trois délégués (Alexis Lenga, Fidèle Babala et Jacques Lungwana), n’a pas signé le document. Le député Fidèle Babala a, au nom du MLC et du Front pour le Respect de la Constitution (FRC), sollicité « un délai jusqu’au vendredi à 10 heures, le temps de prendre connaissance du document à signer ».
Pendant ce temps, Eve Bazaïba, la Secrétaire général du MLC, absente dans la salle, avait rejeté la signature de l’Arrangement particulier sous la houlette des présidents de deux Chambres du Parlement.
« Le FRC n’est pas concerné par une démarche opaque. L’Accord a déjà été signé de manière inclusive et globale. La libération des prisonniers politiques ou d’opinion, la fin de dédoublement des partis politiques, le remplacement de nos délégués à la CENI et au CSAC… Toutes ces mesures ne sont pas assujetties à la signature d’un quelconque Arrangement particulier. Nous sommes en droit d’exiger leur effectivité». Ces propos ont été prononcés alors que les trois délégués précités, parlant au nom du MLC, étaient au Palais du Peuple.

Inclusivité non retrouvée
Député membre de la MP, Henri-Thomas Lokondo estime que le texte signé le jeudi 27 avril au Palais du peuple ne répond pas au caractère inclusif pour qu’il engage toutes les parties prenantes aux négociations du Centre interdiocésain. Ainsi, invite-t-il le chef de l’Etat, Joseph Kabila, à tendre la main aux dirigeants de la frange de l’Opposition qui n’était pas présente au Palais du Peuple.
Selon certains analystes, en dépit de l’enthousiasme noté de la part des cadres de la Majorité Présidentielle et du Rassemblement dirigé par Joseph Olengankoy, l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 risque d’avoir du plomb quant à sa mise en œuvre. Motif : l’absence du Rassemblement dirigé par Félix Tshisskedi va sûrement poser le problème de l’inclusivité.

CN

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