Tripartite CNSA- Gouvernement-CENI: Tshibala dribble Olenghankoy

Alors que l’esprit de l’Accord de la Saint-Sylvestre voudrait que le président du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) lance les travaux de la tripartite CNSA-Gouvernement-CENI samedi dernier, c’est curieusement l’actuel Premier ministre qui s’est auto-octroyé ce pouvoir.

La salle de conférence internationale du Sénat, au Palais du Peuple, n’a pas accueilli la plénière de la Chambre haute du Parlement, samedi 14 octobre. Mais plutôt le lancement des travaux de la tripartite CNSA-Gouvernement-CENI. Objectif principal : évaluer, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre, le processus électoral en cours, durant les quatre jours de travaux.
Mais, le fait marquant de ce lancement des travaux a été un incident protocolaire. Le Premier ministre, Bruno Tshibala, s’est auto-octroyé le pouvoir de lancer officiellement ces travaux. Or, tout le monde ou presque attendait à ce que cette ouverture des travaux soit exécutée par le président du Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Pourquoi ? L’Accord de la Saint-Sylvestre donne au CNSA la « mission de veiller au respect de l’Accord politique par tous les animateurs des institutions et d’assurer le suivi ainsi que l’évaluation de sa mise en œuvre en vue de garantir l’organisation des élections crédibles, transparentes et apaisées ». Concrètement, selon le chapitre VI.2.3 de l’Accord, cette institution d’appui à la démocratie assure, entre autres, « le suivi du chronogramme de mise en œuvre de l’Accord et surtout réalise « des évaluations régulières une fois les deux mois avec la CENI et le gouvernement sur le processus ».
Ainsi, il passe sans dire que la Tripartite est, avant tout, une affaire du CNSA. A ce titre, il revenait à Joseph Olenghankoy, président de cette institution, de lancer ces travaux.
« En s’auto-octroyant ce privilège, avec la complicité du Protocole d’Etat de la Primature, Bruno Tshibala viole non seulement l’Accord de la Saint-Sylvestre, mais aussi pourrait créer une frustration avec Olenghankoy », commente un analyste politique.
Dans la salle, on pouvait aussi lire un mécontentement dans le visage du président du CNSA désagréablement surpris de voir son compagnon du Rassemblement le dribbler. Dans son discours, Olenghankoy n’a toutefois pas manqué de rappeler la mission de son institution et l’attente du peuple. « Les informations nécessaires issues de cette Tripartite nous permettront de communiquer à l’opinion tant nationale qu’internationale la vérité, rien que la vérité sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord, conformément au point 6.2.3 du chapitre 6 de l’Accord », a indiqué le président du CNSA appelant à la « haute responsabilité des filles et fils du Congo afin de préserver la concorde, l’unité et la paix dans notre pays ».
Le discours de Tshibala et celui de Corneille Nangaa ont été pratiquement identiques dans leur fond. Ce qui a encore scandalisé l’assistance qui a murmuré une complicité entre les deux institutions.
Le comportement de Tshibala samedi a dérangé énormément. D’aucuns ne s’empêchent pas de taxer l’actuel Premier ministre de missionnaire qui voudrait mettre le bâton dans les roues dans la surveillance de l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

CN

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