Succession de Tshisekedi: là où Kabila veut piéger le Rassemblement

Au cas où les opposants membres de cette méga plateforme n’arrivaient pas à trouver un successeur du lider maximo à la tête du Comité de sages, toute la machine de la mise en application de l’Accord du 31 décembre serait bloquée. Explications.

Recevant des évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) lundi dernier, le chef de l’Etat, Joseph Kabila  Kabange, a réaffirmé la position de la Majorité présidentielle quant au mode de désignation du Premier ministre et à la succession d’Etienne Tshisekedi à la tête du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.
Lui et sa famille politique persistent et signent : le Rassemblement doit présenter trois candidats à soumettre au pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat pour la désignation du Premier ministre. Ce que le Rassemblement continue à refuser, s’accrochant aux prescrits de l’Accord qui mentionne qu’il faut présenter le candidat. Jean-Marc Kabund, sur actualite.cd, a indiqué que sa plateforme ne fléchira même pas à deux « candidats ».
Mais le nouveau problème qui vient s’ajouter à ce dernier est que ce candidat ou candidats Premier ministre doit être désigné par le président du Conseil des sages du Rassemblement qui fera office de président du Conseil national de suivi de l’Accord du 31 décembre. La course à la succession d’Etienne Tshisekedi, décédé depuis le 1er février et qui, de par son charisme, faisait l’unanimité au milieu des différentes composantes du Rassemblement, est lancée. Pierre Lumbi du G7, Olenghankoy d’une aile de la Dynamique, Fayulu de l’autre l’aile, Jean-Bertrand Ewanga de l’Alternance pour la République et Lisanga Bonganga des alliés de l’UDPS se portent candidats. Sans compter le plan d’un récalcitrant  Raphaël Katebe qui a effectué son retour, mardi 21 février, à Kinshasa.
La grande inquiétude à ce niveau est, en cas de non consensus sur la désignation du successeur d’Etienne Tshisekedi à la tête du Rassemblement,  il y aura un grand blocage dans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre. En acceptant que cela soit toujours le président du Conseil des sages du Rassemblement qui présente un ou trois candidats premier ministre, en plus du fait d’être automatiquement président du CNSA, la MP sait bien que le consensus n’est pas gagné d’avance entre ces opposants qui ont souvent eu du mal à se mettre d’accord.
Beaucoup y voit, dans cette situation, un piège que le régime a tendu au Rassemblement. Un régime que beaucoup accusent de chercher à retarder la machine. Céder le CNSA au Rassemblement ressemble à un cadeau empoisonné. L’on se rappellera qu’après le décès de Tshisekedi, Lambert Mende ou encore Adolphe Lumanu avaient soulevé la nécessité de rediscuter la question du CNSA, estimant que la présidence de cet organe a été confiée à la personne de Tshisekedi pour son aura politique et non au Rassemblement. Rejeter cette option soudainement laisse à comprendre la vraie motivation.

Katz.

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