Redistribution des cartes

Elle est venue, elle a vu et elle a parlé. Nikki Haley, pendant ses 48 heures en terre congolaise, a captivé toute l’attention de la communauté nationale qui attend une implication significative de Washington dans le casse-tête congolais. Du moins l’écrasante majorité des Congolais qui triment suite à cette ridicule crise politique aux effets collatéraux néfastes.
Du séjour de l’émissaire de Donald Trump, l’on retiendra sa journée marathon de vendredi 27 octobre. De ses échanges avec le chef de l’Etat, le président de la CENCO, le président de la CENI et quelques ténors de l’opposition, l’on retiendra aussi une redistribution des cartes.
Alors que le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement ne rêve, jusque-là, que d’une transition sans Joseph Kabila. Alors que l’UNC de Vital Kamerhe ne fait que constater l’échec du gouvernement dans le respect du délai électoral contenu dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, demandant en vain à son délégué de démissionner. Alors le MLC calcule plutôt 200 au lieu de 504 jours après la fin de l’enrôlement pour la tenue des élections présidentielle et législatives nationales et provinciales.
Alors que Majorité présidentielle, telle une sœur siamoise de la CENI, avalise à 100% les 504 jours de Corneille Nangaa, histoire d’ajourner le séjour de JKK au Palais de la Nation.
Alors que les évêques catholiques, grands artisans de l’Accord de la Saint-Sylvestre, n’ont cessé de dénoncer une mauvaise foi dans l’application de ce compromis politique.
Alors que l’opinion congolaise reste divisée sur la question, Nikki Haley a joué au « Roi Salomon ». Dans sa sagesse, l’américaine a cherché à proposer le juste milieu, si ce n’est imposer une ligne de conduite dans un pays qui se veut, soudain, dans les discours actuels de ceux qui le dirigent, véritablement souverain.
Cette sagesse dit, à demi-mot, non à une transition sans Kabila et anéantit les prétentions du Rassemblement. Elle dit non aux 504 jours d’un Nangaa qui visiblement n’a jamais eu peur de jouer avec le feu. Elle dit oui à un Accord du 31 décembre remanié qui priorise la présidentielle.
Le MLC avec ses 200 jours n’est pas loin de l’approche Nikki qui veut des élections en 2018, à la différence que le parti de Jean-Pierre Bemba n’avait pas prévu qu’on puisse dissocier la présidentielle des autres scrutins.
Les conseils de cette américaine qui sait regarder droit dans les yeux ses interlocuteurs, seront-ils suivis dans un rayon politique congolais plein de renégats ? Croisons les bras.

CN

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