RDC: la stratégie nationale de l’élimination de la fistule obstétricale validée

Il s’agit de l’œuvre de deux jours d’atelier organisé au Centre d’accueil Caritas, dont les travaux se sont clôturés jeudi 1er mars 2018. Ce qui explique que désormais, toutes les interventions en lien avec la lutte contre les fistules obstétricales seront coordonnées. Car, l’objectif de cette stratégie est de réduire l’incidence en RDC, bien que cela ne soit pas connue, alors que la littérature renseigne qu’il existe environs42 mille cas de fistule obstétricale.

Selon Keita Ohashi, Représentant-pays adjoint du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), la validation de ce document est une étape importante dans le combat et pour l’amélioration de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent en RDC. A l’en croire, cette nouvelle stratégie prend en compte tous les aspects de prise en charge en se focalisant sur la coordination et le partenariat, le plaidoyer et la communication pour le changement de comportement. Il y a également la prévention de la fistule obstétricale, le renforcement des capacités du système de santé pour la prise en charge médico-chirurgicale de qualité des femmes porteuses de cette maladie, l’appui à la réinsertion socio-économique des femmes porteuses de fistule obstétricale ainsi que le suivi et évaluation de la mise en œuvre.
Il a réitèré l’engagement de l’UNFPA à œuvrer à côté du Gouvernement congolais et les autres partenaires impliqués dans cette lutte. Tout en saluant les progrès réalisés, l’élimination de la fistule est loin d’être atteinte eu égard à l’ampleur du problème en RDC. A cet effet, les acteurs et scientifiques estiment que chaque année, il y a environ cinq à sept mille cas de fistule qui surviennent à la suite des compilations de l’accouchement sans des soins obstétricaux de qualité. Il prévient qu’il n’y aura pas de développement durable tant que des milliers de femmes vivent dans l’exclusion et le non-respect de la dignité humaine, c’est pourquoi l’éradication de la fistule obstétricale constitue la priorité commune pour laquelle il faut rester engagé et déterminé jusqu’à la réalisation de l’objectif.
Accent sur la prévention
Fidèle Muanda, Directeur du Programme Nationale de la Santé de la Reproduction (PNSR) qui a clôturé ces travaux a indiqué que disposer d’un document comme celui-ci est une chose, mais sa mise en œuvre reste un grand défi, dans la mesure où il faut des moyens quand on sait combien coûte une réparation de fistule. Heureusement que les participants ont adopté le comité de pilotage pour mobiliser les fonds, en vue de réduire l’incidence, assurer la prise en charge, et réduire les conséquences psychosociales et socioéconomiques. « C’est vrai qu’il faut des moyens mais ils mettront l’accent sur la prévention, car mieux vaut prévenir que guérir », assure-t-il. Il affirme qu’avec cette stratégie, désormais toutes les interventions en lien avec la lutte contre les fistules obstétricales seront coordonnées. Et les intervenants, doivent être en lien avec la vision de ladite stratégie. Cela, tout en sachant que les objectifs de ce document, c’est de réduire l’incidence dans notre pays, bien que cela ne soit pas connue. Mais dans la littérature il y a plus ou moins 42 mille cas de fistule obstétricale, alors que par an, on ne peut arriver qu’à réparer 2000. Donc, même si aujourd’hui, les fistules s’arrêtaient, il faut vingt ans pour terminer le nombre.
Il signale tout de même que c’est stratégie de cinq ans, qui peut toujours s’améliorer entendu les innovations et pense qu’il y a dorénavant une boussole qui permettra de savoir où et comment intervenir, parce que la stratégie précise les axes et modalités de prise en charge.

Quid de fistule obstétricale ?
Elle relève de la destruction de la paroi vésicale ou vaginale ou les deux à la fois, par une plaie, une nécrose par ischémie prolongée créant une communication anormale entre d’une part l’uretère, la vessie et l’urètre, et d’autre part l’utérus et le vagin. La fistule obstétricale survient en général lorsque pendant un accouchement, le travail se prolonge sans que la femme ne puisse, bénéficier d’une prise en charge médico-chirurgicale notamment de l’opération césarienne.
Judith Asina

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