En RDC, le référendum énerve…

Dans les rues de la capitale, parler du référendum constitutionnel irrite énormément. Certains Congolais y voient dans une telle évocation une espèce de ballon d’essai lancé par certains médias au profit de la Majorité présidentielle. Ce qui n’est pas l’avis d’un constitutionnaliste.   
Pourtant constitutionnel, la convocation du référendum ou sa simple évocation par des médias dérange l’opinion. Une radio de la place habituée aux sondages d’opinion sur les réseaux sociaux en a fait les frais, malgré le recadrage de son promoteur. Le sujet qui portait sur la convocation ou non du référendum dans le contexte actuel ou après les élections a suscité un tollé sur la toile. Mais pas seulement…
Au cours de l’émission « Le Débat » qui permet aux auditeurs de Top Congo FM de s’exprimer sur le sujet du jour, ces derniers ne se sont pas montré tendres vis-à-vis d’une émission qu’ils ont toujours appréciée. Un auditeur qui, après avoir demandé à l’animateur de ne pas couper la liaison téléphonique, s’est interrogé si l’allusion à un tel sujet était un ballon d’essai que la Majorité présidentielle lancerait via cette radio.
« Certaines personnes sur Twitter sont choqués de voir le sujet développé sur la radio alors qu’il s’agissait avant tout d’une demande d’auditeurs », relève Christian Lusakueno, présentateur de l’émission et promoteur de la radio. Avant d’indiquer que certains ont décidé de boycotter le compte Twitter de Top Congo. « Mais la différence entre les réactions positives de nombreux auditeurs sur le répondeur, parce qu’ils écoutent l’émission et les réactions d’autres qui pour la plupart ne l’écoutent pas est pour nous une bonne indication de conclure qu’il ne s’agit là que de personnes non auditrices qui n’ont surtout pas compris l’essence du débat que développe l’émission Le Débat », estime Lusakueno.
Au-delà du sondage du jour qui s’est soldé par un résultat rejetant massivement la convocation d’un tel scrutin, plusieurs protestations s’en sont suivies. Et ce, malgré les éclaircissements portés par le promoteur et patron de la radio.
Dans la libre expression que ce média accorde à ses auditeurs, l’émission a lancé une nouvelle question du jour sur Twitter, le 7 juin. Comme pour avoir le cœur net sur des sujets qui doivent être débattus à l’émission, Top Congo pose une nouvelle question : « En matière politique, peut-on débattre de tout dans l’émission Le Débat 2017 ou y-a-t-il des sujets tabous ? ». Là encore, des réactions ne se sont pas fait attendre : « Vous essayez de créer un nouveau front après avoir abandonné celui controversé et insipide du [référendum] », a réagi Channel Mafera sur le compte Twitter de la radio.

En débattre oui, mais l’organiser, pas utile…
Saluant le travail abattu par Top Congo FM, sur un sujet qui soulevaient de nombreuses interrogations à l’intérieur et à l’extérieur de la RDC, le professeur Bob Kabamba – professeur à l’université de Liège en Belgique et corédacteur de l’actuelle Constitution – estime pour sa part que cette radio « a fait œuvre utile d’en parler, bien que certains vont, de part et d’autres, vous critiquer. » Cela permet d’avoir, selon lui, des données claires et précises sur le sujet, « au regard des questions pertinentes posées dans ces sondages », fait-t-il remarquer à Top Congo FM, avant de souligner plus loin qu’actuellement « le référendum n’est pas utile » parce que « tout le monde veut qu’il y ait alternance, changement et renouvellement de la classe politique ». Il en veut pour preuve les 3 sondages organisés sur Twitter par Top Congo FM, dans le cadre de l’émission « Le Débat ».
Constitutionnaliste, il souligne aussi que « cette Constitution permet de ne plus revenir à ce que nous avons connu dans les années Mobutu. Même d’après le sondage de Top Congo, les gens veulent rester dans le statu quo, c’est-à-dire, le cadre tel qu’il a été défini en 2005».

Pas de 3ème mandat pour Kabila
La Constitution actuelle, explique Bob Kabamba, ne permet pas d’organiser un référendum sur la question du 3ème mandat. « Le référendum ne peut toucher que les points qui concernent les provinces, la double nationalité, la peine de mort et la révision constitutionnelle, c’est-à-dire que certaines règles qui ne peuvent pas être changées», a-t-il précisé.
Ces sujets du référendum et du probable report des élections prévues en décembre 2017 ont refait surface depuis que le chef de l’Etat, Joseph Kabila s’est livré au magazine allemand, Der Spiegel. Sa réponse « Je n’ai rien promis du tout » au sujet de la tenue de la présidentielle en décembre prochain a davantage ravivé le débat sur sa volonté de ne pas organiser les élections d’ici à la fin de l’année 2017.

CN

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WhatsApp chat