RDC: Bientôt une ‘’stratégie nationale de l’élimination de la fistule obstétricale’’

Une vue des participants à l’atelier de validation de la stratégie nationale de lutte contre la fistule obstétricale

C’est un support stratégique et technique appréciable dans un combat commun, visant à sortir de l’isolement et de l’oubli des milliers de femmes qui souffrent en silence cette invalidité, qui est en train d’être examiné depuis hier, dans la salle Jean-Paul II de Caritas/Kinshasa. Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) qui accompagne cet atelier de validation de ladite stratégie, s’engage à œuvrer du côté du Gouvernement congolais et d’autres partenaires dont la fondation Panzi pour éliminer la fistule obstétricale pendant la génération en cours.

‘’Fidel à son mandat, l’UNFPA a lancé depuis 2003, la campagne pour l’élimination de la fistule obstétricale dans le monde afin de soulager les femmes qui souffrent physiquement, psychologiquement et surtout socialement, car dans la plupart de cas elles sont exclues de leur foyer et même de leur communauté’’, a signalé Dr. Sennen Hounton, Représentant de l’UNFPA en RDC. C’est ainsi qu’en 2006 suite à la réalisation d’un état de lieu sur la prévalence de la fistule dans ce pays, cette agence des Nations Unies a accompagné le Ministère de la Santé à lancer la campagne d’élimination. Depuis lors, plusieurs missions et campagne de réparation des fistules et de renforcement des capacités des prestataires ont eu lieu à Kinshasa et dans d’autres villes telles que Lubumbashi, Goma, Bandundu et Kindu.
Tout en saluant les progrès réalisés, il indique que l’UNFPA demeure encore au font car l’objectif de l’élimination de cette maladie est loin d’être atteint eu égard à l’ampleur du problème. En effet, les acteurs scientifiques de la RDC estiment que chaque année, environ cinq à sept mille cas de fistule surviennent à la suite des complications de l’accouchement sans des soins obstétricaux de qualité.
Fidèle Mbadu, Directeur du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) qui a lancé ces travaux indique que le mariage précoce, surtout dans les milieux ruraux, l’inaccessibilité au service de planification familiale, l’insuffisance de la surveillance de la grossesse à haut risque et aussi des femmes à travail par le pactogramme, le retard dans le recours aux structures sanitaires, sont autant de facteurs qui favorisent la venue des fistules liées à la grossesse.
En RDC, l’incidence n’est pas connue, mais selon l’OMS on estime 1 à 10 cas de fistules pour mille naissances. Les données de 2007 montrent qu’il y a 42 mille femmes qui ont une fistule non traitée. Il y a une enquête menée en 2006 par le PNSR avec l’appui de l’UNFPA qui a montré qu’il existe des fistules macro-dominance à prédominance obstétricale, c’est pratiquement 70 %. Dans les formations sanitaires, le rapport montre qu’il y a très peu de formations sanitaires qui prennent en charge le cas des fistules.
Mais le même rapport montre qu’il y a une augmentation de nombre de fistule post-césarienne.
Dans le cadre de la lutte de la campagne d’élimination lancée en 2006, il existe un Comité national de pilotage de lutte contre la fistule urogénitale qui a déjà été mis en place. Pour ce faire, il y a plusieurs activités ont déjà été menées, notamment une enquête pour estimer l’ampleur et le besoin sur les fistules urogénitales. Ce qui a permis au pays de bénéficier grâce à l’appui de l’UNFPA et quelques ONG internationales, des activités de réparation chirurgicale des fistules.
Malgré tous les efforts, la fistule demeure une préoccupation dans le pays. Et avec le nombre de cas signalé, si rien n’est fait, il faudra beaucoup de temps pour y parvenir. D’où la nécessité de redynamiser les activités de la lutte contre la fistule obstétricale pour accélérer son élimination en RDC.
C’est pour cette raison que le PNSR avec l’appui de l’UNFPA avait recruté en octobre dernier, une consultante, dans le but d’actualiser la stratégie nationale de la fistule urogénitale et en se focalisant sur la fistule obstétricale. ‘’Cet atelier va permettre à ce que le PNSR ait une stratégie avec focus sur la fistule obstétricale et cela va contribuer à améliorer la santé de la femme et jeune fille’’, conclut-il.
Judith Asina

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