Ralliement au RASSOP: Kamerhe veut-il se blanchir?

Après avoir été émoussée par un dialogue dont l’issue n’a finalement été favorable qu’à Joseph Kabila, l’opposition veut reprendre du poil de la bête. Et au fil des jours, les fronts anti-Kabila se reconstituent…
Le Rassemblement des forces politique et sociale acquises au changement dirigé par le tandem Tshisekedi–Lumbi bat le rappel des troupes. Et son appel à toutes les forces politiques à se rassembler pour créer une « dynamique » contre le chef de l’État n’est visiblement pas tombé dans les oreilles d’un sourd. Invraisemblablement, le premier à manifester de l’intérêt à cet appel, c’est Vital Kamerhe. Pas croyable du tout ! Mais c’est bien lui, l’enfant de Walungu, qui veut bien apporter son morceau de bois pour allumer le nouveau feu de la protestation au cas où la présidentielle ne sera pas tenue en décembre 2017, selon l’Accord de la Saint-Sylvestre. Même si Kamerhe ne s’est pas encore personnellement exprimé sur son intention de se rapprocher du Rassemblement, l’un de ses ténors, sinon, l’unique qui lui est resté fidèle a bien été clair : « L’UNC est prête pour un rapprochement avec le Rassemblement », déclare, pince sans rire, Jean-Baudouin Mayo Mambeke. Ce député/UNC avance que son parti a le « même combat » pour l’alternance.
Du côté de l’opposition, du moins ceux qui ont résisté jusqu’ici au débauchage de Kabila, on craint le retour de Kamerhe dans cette coalition d’opposition. Le même, qui les a faussé compagnie pendant que la machine de Genval semblait pousser le Raïs à son dernier retranchement. Cette crainte, n’est pas liée à sa carrure politique (Arrivé 3ème à la dernière présidentielle, après Etienne Tshisekedi). Loin s’en faut ! Le problème ? C’est que l’ancien attaquant de pointe de Joseph Kabila n’inspire plus confiance au sein de l’opposition… Certains le taxe de « versatile » et d’autres de « collabo » du chef de l’Etat.
Du coup, l’homme passe pour un « ovni » dans le microcosme politique congolais. Personne ne peut le situer avec exactitude, sans être surpris le lendemain.
Certains observateurs passent même au crible la sincérité de son intention de vouloir rallier la méga-plateforme de Limete. Alors que d’autres, plus sceptiques, y voient une façon pour lui d’exprimer une colère, après avoir manqué la Primature à la Cité de l’Union africaine et, encore, sur le point de perdre le CNSA (Conseil national pour le suivi de l’accord). Structure qu’il s’est pourtant porté candidat, après les arrangements « très » particuliers signés, sans la CENCO, au Palais du peuple.
Ayant peut-être compris avoir doublement perdu le poste mais aussi et surtout sa cote de popularité, Kamerhe veut-il se refaire une « virginité » politique en répondant à l’appel de Limete ? Rien n’est moins sûr !

Badibanga, un autre « maculé »…          
Silencieux comme une pierre depuis son passage à la Primature, l’autre « maculé » de la transition politique mouvementée a finalement donné de la voix. Samy Badibanga Ntita, Premier ministre de novembre 2016 à avril 2017, a été accusé de trahison à son ancien Président du parti, Etienne Tshisekedi wa Mulumba qui, du reste, l’avait exclu de l’UDPS avec les autres députés nationaux qui ont décidé – contrairement à la ligne du parti – de siéger à l’Assemblée nationale. Se confiant à Jeune Afrique, Badibanga explique que ce n’est pas un revirement. « J’ai très tôt alerté sur les risques de « glissement » du calendrier électoral, sans toutefois être entendu. Néanmoins, tenir les élections dans les délais impartis devenait impossible. Que pouvions-nous faire ? Négocier, afin de parvenir à des élections avec un gouvernement d’union nationale ? Ou bien avoir recours aux manifestations, voire à la violence ? Ma nomination aura permis d’apaiser la situation », s’est-il justifié. Alors que cette nomination, on le sait, n’avait fait qu’aggraver la crise. Ce qui, d’ailleurs, avait conduit au second round des négociations au Centre interdiocésain, sous la houlette des évêques de la CENCO. Badibanga qui qualifie de lapsus le fait pour Kabila de déclarer à Der Spiegel qu’il n’avait « rien promis » au sujet des élections en décembre 2017,  appelle les stratèges de la Majorité présidentielle à sortir de l’ambiguïté. Car, pour lui, l’organisation des élections n’est pas une question de promesse mais de respect des textes et des engagements pris lors de l’Accord du 31 décembre 2016.  En l’écoutant, l’homme veut-il se blanchir de son passage critiqué à la Primature ? Est-il prêt, lui aussi, à rejoindre la nouvelle union de l’opposition qui est en train de se former ? Pas facile du tout ! Car, sous les arbres de la 10ème rue Limete, l’homme est presque « persona non grata ».

CN  

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