Au pays des droits de l’homme

Qui peut bien nier le fait que la République démocratique du Congo reste, avant tout, un pays de tous les contrastes ? En tout cas, difficile de trouver un si piètre analyste qui oserait dire, en toute objectivité, que ce gênant au cœur de l’Afrique évolue dans la logique des choses. Surtout pas quand il est question de faire une confrontation avec la réalité.

L’actualité, elle-même, livre un exemple plus qu’éloquent. Le 16 octobre, sans grande surprise avec grande stupéfaction, le pays de Joseph Kabila réussit son entrée dans le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Dans la mouvance au pouvoir, c’est la fête d’une victoire diplomatique. Chez les opposants, activistes des droits de l’homme et certains pays occidentaux comme les Etats-Unis, c’est un juste un choc. Choc de voir un pays qui fait nom dans le chapitre des violations des droits de l’homme siéger dans le cercle des nations censées observées le respect humain. Contrastant quand même ! Mais, les critères de désignation laissaient un grand boulevard à la RDC qui ne pouvait que faire passer sa candidature, elle qui n’avait aucune candidature concurrente face à elle.
Contrastant également que dans un pays membre du Conseil des droits de l’homme qu’un meeting d’un opposant soit carrément interdit, même son accueil par ses partisans. C’est ce qui est arrivé à Félix Tshisekedi à Lubumbashi. Le président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a même eu un accrochage avec des éléments de la police qui l’empêchaient de faire les cent pas aux alentours de l’hôtel qui le logeait, voyant en cela une tentative de troubler l’ordre public.
La communauté internationale a déploré une restriction des libertés reconnues par la Constitution. De quoi consoler Tshisekedi fils. Il fallait quand même rentrer avec quelque chose de ce voyage haut-katangais périlleux. La victimisation a réussi. La réputation du régime encore salie.
A son tour, le Bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) publie, mercredi 25 octobre, son rapport mensuel qui présente une augmentation de 46% des violations des droits de l’homme. Alors qu’au mois d’août, cette structure onusienne comptabilisait 441 cas, en septembre ce chiffre a grimpé jusqu’à 644 cas. Le rapport indexe les agents de l’Etat qui ont commis 58% de ces violations dont l’exécution sommaire de 82 personnes. Les groupes armés, quant à eux, ont été responsables de 270 atteintes aux droits de l’homme dont un nombre important d’exécutions sommaires, entrainant la mort de 134 personnes.
Au pays des droits de l’homme, on partage bel et bien son expérience des droits de l’homme. Une expérience bien particulière. Chacun son style. La RDC a aussi le sien.

CN

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