Opposition : Nikki H. a-t-elle trouvé un vide ?

La visite de l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies en République démocratique du Congo n’a pas que provoqué de l’agitation dans le rang de la majorité au pouvoir. Nikki Haley n’a visiblement pas épargné l’opposition qui prétend prendre la relève après le départ de Joseph Kabila du pouvoir.

C’est une terrible phrase que l’émissaire du président américain Donald Trump a lâchée aux médias étrangers, après sa rencontre avec l’opposition politique. « Nous devons trouver un moyen d’avoir une situation pacifique (…). Nous devons leur trouver un moyen d’avoir des leaders qui sauront comment gérer cette situation, et mettront fin aux groupes armés », a déclaré Nikki Haley à Reuters et CNN.
Pitoyable phrase à l’image d’un pays toujours sous tutelle, malgré les bruits de non-ingérence et de souveraineté. Leur trouver un moyen d’avoir des leaders qui sauront gérer cette situation ? Voilà le morceau qui suscite des questions sur la capacité de l’opposition actuelle à assumer des responsabilités au sommet de l’Etat, après le départ de Kabila ou pendant une éventuelle transition sans lui.
Déjà, le jour de la rencontre entre cette diplomate et l’opposition, trois membres de l’opposition aux visions diamétralement opposées se sont pointés. Félix Tshisekedi du Rassemblement des forces politique et sociale acquises au changement, Eve Bazaiba du Mouvement de libération du Congo (MLC-FRC) et l’UNC Vital Kamerhe sont allés rencontrer Nikki Haley sans accorder leurs propres violons. Du coup, Nikki Haley s’est retrouvée devant une opposition dont l’un des membres veut une transition sans Kabila, l’autre veut plutôt voir Kabila diriger le pays mais souhaite lui accorder 200 jours de plus pour organiser les élections alors que le dernier, lui, est complètement indécis. Cela, au point de susciter des questions sur les réseaux sociaux : « Le Rassop, c’est une transition sans Kabila, le MLC est pour 200 jours avec Kabila, Kamerhe, position pas claire. Le recevoir ensemble ? », s’est interrogé Lwariba Maitre Journaliste sur son compte Twitter.
Visiblement, ces membres de l’opposition n’ont pas réussi à convaincre l’envoyée spéciale de Donald Trump à opter pour l’une ou l’autre position. Seul bémol : le vœu de Washington de voir les élections se tenir en 2018 semble être proche du schéma du MLC de Bazaïba.
Mais lorsque Nikki évoque des leaders à trouver, cela inquiète au point de faire penser à la terrible idée que Washington ou encore les Maitres du monde doit toujours décider de qui va diriger le pays de Lumumba. Cette idée est d’autant plus renforcée quand on observe le vaudeville démontré par Joseph Olenghakoy et Bruno Tshibala dont les actes semblent être motivés par le seul appétit d’arriver aux affaires et non de changer les choses. Ainsi, une fois arrivés, les deux personnalités accompagnent un glissement des dates d’élections contre lequel ils ont semblé combattre.

CN

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