Opposition : l’union fait-elle vraiment la force ?

Dans une opposition où la compromission et la guerre des égos font la loi, une grande coalition peut à la fois être un cauchemar et du pain béni pour le pouvoir en place. Explication.

« Je lance un appel à tous les Congolais de réunir leurs forces, idées et ressources dans tout le pays, au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest dans une grande coalition des forces sociales et de responsables politiques afin de revendiquer une alternance démocratique  dans notre pays ».

Ce message de Jean-Pierre Bemba, signé le lundi 30 octobre depuis sa cellule de la Cour pénale internationale, a vivement alimenté le débat autour de l’unité de l’opposition. Cette question divise l’opposition, particulièrement autour d’un cas : Vital Kamerhe.

Si certains saluent une synergie nécessaire pour arracher l’alternance démocratique à la tête du pays, d’autres se montrent réserver quant à la présence du président de l’Union pour la nation congolaise (UNC).

« Félix Tshisekedi doit faire très attention à Vital Kamerhe qui est un homme très dangereux !», s’exclame un auditeur de Top Congo, au cours de l’émission « Le débat ».

Mais le concerné, qui a donné une conférence de presse hier, mardi 31 octobre, à Limete, a joué sur la réserve.

« Nous ne sommes pas de la même coalition. Mais, nous avons un combat commun. Vital Kamerhe n’est pas obligé d’intégrer le Rassemblement. Au peuple de juger », a déclaré Félix Tshisekedi. Celui-ci a même promis d’aller rencontrer Jean-Pierre Bemba à la Haye quant à cette problématique de l’union.

Une évidence : la bataille pour l’alternance est et s’annonce ardue. Une unité, la vraie, de l’opposition est sans nul doute nécessaire pour faire face à un pouvoir qui, jusque-là, déroule assez tranquillement dans sa stratégie du glissement.

« Nous devons porter bonne foi à mon collègue Kamerhe. Nous avons besoin de tout le monde pour l’alternance », indique Christian Mwando du G7.

« L’union fait la force ». Tout le monde le sait. Est-ce le cas au sein d’une opposition politique congolaise où la compromission et la guerre des égos font la loi ? Il y a à redire. La réalité est qu’une grande coalition des ténors de l’opposition peut à la fois être un cauchemar et du pain béni pour le pouvoir en place. C’est selon.

Elle serait un cauchemar  lorsque les opposants prennent conscience qu’il est d’abord question d’atteindre un objectif commun, avant de s’intéresser aux intérêts partisans.

CONVERGENCE PARALLELE

Pain béni, c’est quand la vraie ambition est la lutte pour les postes. Dans ce cas, le régime, comme dans un couteau dans du beurre,  peut facilement infiltrer cette opposition par des débauchages et autres. La dernière démonstration a été donnée avec la scission du Rassemblement. Bruno Tshibala et Joseph Olenghankoy, bombardés respectivement Premier ministre et président du Conseil national de suivi de l’Accord, en échange d’une guerre larvée contre Félix Tshisekedi, Pierre Lumbi. La leçon est bien fraîche.

Reste à savoir comment s’y prendre maintenant. Bemba précise déjà qu’il est question d’avoir « un objectif commun, une parole commune et mener des actions concertées. Il demeure entendu que chaque force sociale ou politique devra conserver une autonomie ainsi que son unité ».

Ceci rappelle une certaine « convergence parallèle » prônée entendue en 2011 dans le milieu des opposants. Sauf que cela n’avait pas marché. Peut-être que cette fois-ci sera la bonne.

CN

 

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