Mobilisation : le Rassemblement (encore) coincé

Le grand meeting de cette méga plateforme prévu hier, dimanche 3 septembre, a été empêché par l’autorité urbaine. Idem pour l’ « accueil triomphal » de Félix Tshisekedi à l’aéroport de N’djili, lui qui revenait, le même jour, d’un séjour occidental.

Le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement n’a pas pu organiser son « grand » meeting prévu hier, dimanche 03 septembre, à l’esplanade du Boulevard Triomphal.
La police nationale a hermétiquement quadrillé l’espace, interdisant même un attroupement de plus de cinq personnes dans les lieux publics. Les hommes en uniforme agissaient suite à l’interdiction du gouverneur de la ville qui avait rejeté la demande du Rassemblement. André Kimbuta s’est reposé sur son Arrêté, signé il y a presque une année, suspendant jusqu’à nouvel ordre toute « manifestation à caractère politique » sur la place publique, après les incidents meurtriers du 19, 20 et 21 septembre 2017, consécutifs à la marche du Rassemblement programmée alors pour exiger, de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la convocation du corps électoral pour la présidentielle et les législatives.
Plusieurs dizaines de personnes avaient trouvé la mort à la suite de ces manifestations qui ont pris trois jours. Des sièges des partis politiques de l’opposition comme de la Majorité présidentielle ont été attaqués et incendiés. L’UDPS avait payé le lourd tribut avec la mort de ses sept activistes, attaqués nuitamment à la permanence de 11ère Rue Limete incendiée pour le coup. Le tout, en représailles aux attaques de la journée des sièges des partis de la Majorité présidentielle, dont l’interfédéral du PPRD.
Depuis, c’est le prétexte bien trouvé par le pouvoir pour interdire toute manifestation politique sur la place publique.
Hier dimanche 3 septembre, ce n’était pas seulement le meeting qui a été empêché. Mais aussi le retour dans la capitale, voulu « triomphal » de Félix Tshisekedi, président du Rassemblement. La police, déployée devant l’aéroport de N’djili, a empêché toute escorte de Fatshi. Des tirs et arrestations ont été même signalés.

Qui gagne, qui perd ?
Le Rassemblement n’y arrive décidément plus. Depuis la démonstration de force de son géniteur, en juillet 2016, cette méga plateforme, fissurée en aile modérée et aile dure, ne parvient plus à mobiliser. Pas forcément parce que son appel n’est pas suivi, mais parce que le pouvoir en place ne lui laisse aucun loisir de démonstration. Difficile, dans cet état des choses, surtout après la mort d’Etienne Tshisekedi, de pouvoir jauger sa vraie capacité de nuisance politique.
Les journées villes mortes, qui réussissent souvent, restent des paramètres très faibles pour mesurer l’adhésion des Congolais, tant beaucoup préfèrent effectivement grever par peur des incidents que par suivi de mot d’ordre.
Le pouvoir en place, qui réussit parfaitement à coincer cette opposition «radicale», peut crier victoire. Mais pas trop. Car, derrière ces interdictions, il perd un match tout aussi important. Le match de l’« image», surtout aux yeux de la communauté internationale. Des Ongs locales et internationales qui vont dénoncer une nouvelle « restriction des libertés publiques » consacrées par la Constitution congolaise et des traités internationaux, vont contribuer à noircir davantage la réputation du régime de Kabila. C’est, peut-être là où Félix Tshisekedi et ses amis peuvent trouver un bout de consolation devant des « échecs » de mobilisation qui ne font que s’enchaîner.

CN

 

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