Macron : quelle approche sur la RDC ?

La France a un nouveau président depuis dimanche 7 mai 2017. Le candidat d’En Marche a battu au second tour la candidate du Front national, Marine Le Pen. François Hollande observait une position relativement incisive contre le régime actuel en RDC, que peut être le ton du nouveau locataire de l’Elysée ? Analyse.
Les Français ont été aux urnes hier, dimanche 7 mai, à l’occasion du deuxième tour de l’élection présidentielle. Plus de 65% d’électeurs ont porté leur dévolu sur le jeune candidat de 39 ans, Emmanuel Macron qui a ainsi déclassé la candidate du Front national, Marine Le Pen.
En République démocratique du Congo, pays qui vit depuis des mois dans une crise politique consécutive à la non-tenue des élections dans le délai constitutionnel, cette présidentielle française a été également suivie avec une certaine attention.  Alors, que peut-elle être l’approche d’Emmanuel Macron face  à la situation congolaise ? Pendant sa campagne électorale, celui qui a une fois travaillé à l’ambassade de France au Nigeria n’a presque pas évoqué, par exemple, ce que sera la politique africaine de la France sous son mandat. Mais, comme souvent dans pareille aphonie, sa vision a beaucoup plus de chance de s’inscrire sur la continuité de son prédécesseur plutôt que sur autre chose.

SOCIALISTE ET PRO-EUROPEEN COMME HOLLANDE    
François Hollande, le président sortant, n’était pas tendre avec notamment le régime actuel en RDC. En 2012, il avait beaucoup hésité avant finalement de venir à Kinshasa à l’occasion du XIVe Sommet de la Francophonie. Mais cette présence malgré lui dans la capitale congolaise, a été non sans cracher des venins contre son homologue congolais qu’il ne cesse de reprocher de ne pas respecter les droits de l’homme et autres vertus démocratiques.
Face à la non-tenue de la présidentielle dans le délai constitutionnel et après les évènements meurtriers de septembre 2016, Hollande avait, fustigeant la répression des forces de sécurité, à New-York en marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies, décrit une situation « inacceptable ».
Son ancien ministre de l’économie sera-t-il, lui aussi, de cette hostilité directe envers Kinshasa ? Dans la forme, pas forcément, étant donné que les deux hommes n’ont pas le même tempérament. L’un est très chaud, l’autre paraît diplomatique.
Mais dans le fond, ils peuvent avoir la même approche. Celle, entre autres, de décrier des violations des droits de l’homme ou encore celle d’appeler vivement à la tenue des élections en 2017 conformément à la Résolution 2348 du Conseil de sécurité pour laquelle la France a joué un grand rôle. Oui, ils peuvent évidemment avoir la même approche pour notamment deux raisons.
La première : malgré qu’il se soit présenté aux élections sous la casquette du mouvement politique qu’il a lui-même créé- En Marche -, Macron ne demeure pas moins socialiste comme Hollande.
La seconde : Comme Hollande, Macron est un pro-européen. Tout le monde connaît la position de l’Union européenne sur la situation congolaise. L’UE a déjà pris des sanctions contre des proches de Kabila et a sévèrement critiqué le « non-respect de l’accord » de la Saint-Sylvestre après la nomination de Bruno Tshibala.
Acculé par des partenaires occidentaux qui réclament coute que coute l’alternance au sommet de l’Etat, Joseph Kabila est actuellement dans un front anti-ingérence extérieure. Il est donc difficile de parier qu’il se fera ami du nouveau locataire de l’Elysée malgré leur jeune âge.

Katz. 

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