L’UA soutient le prolongement du mandat de Kabila

A quatre mois de la tenue de l’élection présidentielle, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a presque dit à demi-mot qu’elle ne sera pas à mesure de convoquer les électeurs à la date prévue. Mais du côté du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop), l’on croit encore à l’organisation du scrutin, peu importe les raisons avancées par la centrale électorale.

Pendant que les forces politiques et sociales de l’Opposition s’accrochent à l’Accord de la Saint-Sylvestre pour obtenir la tenue de l’élection présidentielle au plus tard le 31 décembre 2017, l’Union Africaine (UA), réunie le 23 août pour examiner la situation de crise politique qui prévaut en République Démocratique du Congo (RDC), a affirmé, dans les conclusions de sa 712ème réunion, que l’organisation des élections en 2017 en RDC était impossible.
Curieusement, la prise de position de l’Union Africaine tombe quelques semaines après celle prise la 20 août par les dirigeants de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC). Réunis à Johannesburg, en Afrique du Sud, ils avaient, par la bouche de Jacob Zuma, le président sud-africain, affirmé « avoir révélé un certain nombre de défis qui rendent irréaliste la tenue des scrutins en décembre 2017en RDC ». Les dirigeants de la SADC ont notamment évoqué des contraintes sécuritaires (cas du Kasaï et dans l’Est du pays) pour reporter l’organisation des élections, surtout de la présidentielle à la fin de cette année. Et pourtant, la CENI indique avoir enrôlé 98% d’électeurs et lancer l’opération dans le Kasaï le 4 septembre.

Soutien au régime de Kinshasa
Pour plusieurs analystes, les dirigeants de l’Union Africaine ont, à travers leur prise de position, apporter leur soutien au régime de Kinshasa, mieux, au chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila. Repoussant carrément la tenue des élections présidentielle et législatives après 2017, ils (dirigeants de l’UA) réaffirment leur attachement à la mise en application de l’Accord de la Saint-Sylvestre. A ce sujet, ils disent prendre acte de la nomination de Bruno Tshibala et Joseph Olenghankoy, respectivement Premier ministre et président du Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA). Pour l’UA, la nomination de ces deux personnalités « parachèvent la mise en place du cadre institutionnel de la transition politique ». Curieuse prise de position de la part des dirigeants africains quand on sait que les Evêques catholiques qui avaient conduit les discussions directes entre le Pouvoir de Kinshasa et l’Opposition, avaient crié à la violation de la mise en application de l’Accord du 31 décembre 2016.

L’Opposition décapitée ?
Comment réagit-on du côté du Rassemblement par rapport à la prise de position des dirigeants de l’Union Africaine ? Les dirigeants de l’Opposition congolaise, eux, se disent tout simplement offusqués par la position de l’UA. Interrogé par le magazine Jeune Afrique, Christophe Lutundula, l’un des membres du Conseil des sages du Rassop, indique que la prise de position de l’UA « ne changera rien dans la lutte que mène sa plate-forme et qu’ils vont continuer le combat avec le peuple afin d’obtenir l’alternance cette année ». « Ces décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, a conclu Christophe Lutundula, est une honte pour l’Afrique ». Conseiller politique de Léonard She Okitundu, ministre des Affaires étrangères, Michael Sakombi, estime que cette déclaration venue de l’UA est le fruit des tournées effectuées par le patron de la diplomatie congolaise dans certaines capitales africaines et occidentales.

CN

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