L’absence de Félix Tshisekedi inquiète

« Une transition de deux ans ». Ce titre avait barré la Une du journal Le Potentiel paru le mardi 26 septembre à Kinshasa. Le journal indiquait que Joseph Kabila, le chef de l’Etat congolais, resterait à son poste et que l’actuel Premier ministre Bruno Tshibala, issu de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), céderait son poste à Félix Tshisekedi, Secrétaire général de l’UDPS et président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop). Et cela, pour une transition de deux ans.

Pendant ce temps, Félix Tshisekedi, le président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop), sillonne certaines capitales occidentales pour « vendre » son plan qui consisterait à l’organisation d’une transition politique en République Démocratique du Congo sans Kabila. Par rapport à cette idée avancée par les dirigeants du Rassop, le Directeur de Publication du journal Le Potentiel, affirmait le mardi soir sur la radio Top Congo « qu’il est pratiquement impossible politiquement et juridiquement de penser à une transition sans Kabila en RDC ».
Certes, l’idée prend de l’épaisseur dans les milieux des acteurs socio-politiques membres ou proches du Rassop, mais d’aucuns se posent des questions de la faisabilité d’une telle démarche. Que fera le Rassemblement pour mettre Joseph Kabila hors-jeu ? Quel mécanisme utilisera l’opposition congolaise pour désigner une personnalité neutre qui dirigerait le pays pendant ladite période de transition ?

Parler directement aux Congolais
Le 25 septembre dernier, Félix Tshisekedi vulgarisait, à l’Université John Hopkins de Washington, aux Etats-Unis, « son plan de transition sans Kabila » ; un texte qui a connu la participation de Moïse Katumbi à sa conception. Pourquoi aller expliquer son plan de sortie de crise en RDC aux « étrangers » au lieu de le faire devant les futurs électeurs congolais, acteurs de l’alternance politique tant attendue ?
« Pourquoi es-tu plus en Occident qu’à l’intérieur du pays ? » cette question avait été posée à Félix Tshiseki, par Eliezer Ntambwe de l’émission « Tokomi wapi ? » au cours d’une conférence de presse animée à Limete, au siège du Rassop. Pour le fils de feu Etienne Tshisekedi, « ceux qui soutiennent le peuple congolais dans son combat pour obtenir l’alternance politique se trouvent de l’autre côté de la mer méditerranée ».
Moïse Katumbi, l’un de poids lourds de l’Opposition congolaise vivant presqu’en exil forcé en Europe, Gabriel Kyungu cloitré dans sa résidence à Lubumbashi, d’aucuns auraient voulu voir Félix Tshisekedi resté plus longtemps au pays pour non seulement tenir le flambeau de l’Opposition, mais aussi et surtout mobiliser les Congolais autour du combat pour obtenir la tenue des élections libres, transparentes et démocratiques dans le délai fixé par l’Accord de la Saint-Sylvestre signé le 31 décembre 2016.

Jouer au rassembleur
Avant de s’envoler pour New York, aux Etats-Unis, Félix Tshisekedi avait, au cours de sa conférence de presse, appelé à l’unité des forces politiques et sociales « anti-Kabila » afin de barrer la route au chef de l’Etat congolais qui est tenté de briguer un 3ème mandat à la tête de l’Etat.
Pour certains analystes et observateurs de la scène politique congolaise, cet appel ne doit pas rester verbal, mais il doit être suivi par des actes qui prouvent que Félix Tshisekedi tient vraiment à remobiliser ses troupes afin de faire pression sur les tenants du pouvoir à Kinshasa. Réagissant à l’appel du président du Rassop, Antipas Mbusa Nyamwisi, qui vit en exil en Afrique du Sud et dont le parti soutient la candidature de Moïse Katumbi à l’élection présidentielle, a indiqué que cet appel ne devrait pas être assorti de certaines conditions.
Au lieu de rester longtemps dans des capitales occidentales, d’aucuns souhaitent voir le président du Rassop s’inspirer de l’exemple de l’opposition togolaise qui a mis de côté ses divergences afin de se mettre ensemble. Les résultats sont là : comme un seul homme, elle donne du fil à retordre au régime en place. Ses leaders sont à Lomé et non dans des capitales occidentales.

CN

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