Kinshasa : la marche du Rassemblement transformée en une ville-morte

Non autorisée par l’autorité urbaine, la manifestation du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement n’a pas pu avoir lieu, empêchée par une police qui est restée sans pitié. C’est un jeudi 30 novembre qui s’annonçait chaud dans certaines grandes villes de la République démocratique du Congo. Mais il s’est révélé globalement timide.

Timide, car, particulièrement à Kinshasa, il a ressemblé à une journée ville-morte. La vie a été timide dans la capitale congolaise. Ecoles et la quasi-totalité des maisons commerciales n’ont pas ouvert leurs portes. Beaucoup ont préféré rester à la maison. Surtout que, la veille, Félix Tshisekedi avait insisté : « Aux parents, de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, aux personnes du 3ème âge de ne pas quitter leurs maisons, aux opérations économiques de fermer leurs boutiques et magasins, aux propriétaires de véhicules de transport et véhicules privés de garer leurs engins ».
Un peu chaud, c’est notamment à Limete. La résidence de félix Tshisekedi a été encerclée, l’empêchant de sortir. Aux alentours, ses sympathisants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes, a rapporté Michée Mulumba, porte-parole du président du Rassemblement. Martin Fayulu, Bertrand Ewanga, Jean-Marc Kabun et une dizaine de leurs accompagnateurs ont été interpellés par la police à leur sortie du siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Ils se dirigeaient vers l’Echangeur-Limete pour débuter la marche qui, selon le programme, devrait chuter à l’esplanade du boulevard Triomphal.
Aux dernières nouvelles, ils seraient relâchés après quelques heures de détention dans un commissariat de cette commune.
Dans certaines villes du pays, l’on a signalé également des interpellations, comme à Goma, Bukavu, Kananga. Le Rassemblement a appelé à la grande mobilisation des Congolais pour une marcher « pacifiquement », contre le calendrier électoral publié en début de ce mois par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Mais aussi, pour appeler au départ de Joseph Kabila d’ici le 31 décembre de cette année. « Cette marche nous donne l’occasion de prouver à la face du monde que nous sommes un peuple mature. L’heure est venue au peuple congolais de se mettre debout comme un seul homme afin de dire non à la dictature épouvantable de Joseph Kabila et ses complices », avait signifié la veille Félix Tshisekedi devant la presse, à Limete.

CN

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