Kamerhe au Rassemblement : les craintes d’une autre volte-face…

Face au besoin criant de l’unité de l’opposition, Vital Kamerhe veut combattre pour l’alternance aux côtés du Rassemblement. Mais sous les arbres de la 12ème rue Limété, sa passe en or faite à Kabila lors du dialogue de la Cité de l’Union Africaine en octobre 2016 revient toujours dans les esprits des combattants.

« Je vais être au côté du peuple pour permettre l’organisation des élections conformément à l’accord ». C’est là le nouveau credo de Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC). L’homme n’a pas fait mystère de son intention de rallier le Rassemblement afin de mener des actions communes pour l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016 et l’alternance.  Et pourtant, par son poids politique, l’ancien président de l’Assemblée nationale avait « crédibilisé » le dialogue de la Cité de l’Union africaine en octobre 2016, alors que la pression de la rue était de plus en plus forte sur le régime de Kinshasa.
Ce qu’une grande partie de l’opinion hostile à toute prolongation du bail de Joseph Kabila au Palais de la Nation avait trouvé comme une bouffée d’oxygène que Vital avait insufflée à un pouvoir suffoquant.
Vital Kamerhe ira même très loin dans sa nouvelle logique en qualifiant les manifestants du 19 et 20 septembre 2016 de « drogués », les mêmes qu’il avait mobilisés contre l’alinéa litigieux du projet de loi électorale en janvier 2015.

A Limété, on se méfie…
Sa position de rallier le combat du Rassemblement des forces politique et sociale acquises au changement (Rassop), Vital Kamerhe l’avait déjà annoncé bien avant, via son interfédéral du parti, le député Jean-Baudouin Mayo Mambeke qui avait profité d’un appel du Rassop à l’unité de l’opposition.  Mais à Limete, la méfiance est perceptible. « Versatile », « collabo », « taupe », « Kamerheon » – ces qualificatifs qui ont fusé depuis que Vital Kamerhe avait décidé de participer au dialogue facilité par l’ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo – continuent à se susurrer sous les arbres de la 12ème Rue Limété. A l’UDPS, justement, ce qu’on appelle « la base » voit d’un très mauvais œil le retour de Kamerhe dans les actions communes que lance le Rassop, en l’occurrence deux jours de ville morte programmés du 8 au 9 août prochain ; le sit-in et autres manifestations.

Et s’il poursuivait son encerclement ?
Kamerhe avait catégoriquement refusé de soutenir la candidature d’Etienne Tshisekedi à la présidentielle de 2011, en évoquant – pour maintenir sa candidature – une politique d’encerclement. Stratégie qu’il expliquait fièrement et qui consistait à encercler Joseph Kabila par les différentes candidatures des opposants (Tshisekedi, Kamerhe, Kengo…). Il se proposait de « ravir » le Grand Kivu, l’ex-Province Orientale et le Maniema. L’UDPS, à son tour, devrait conquérir le Grand Kasaï et l’autre partie ouest du pays ; Léon Kengo, quant à lui, allait prendre d’assaut l’ex-Equateur.
Et par crainte de voir l’ancien attaquant de pointe de Joseph Kabila faussait à nouveau compagnie à la nouvelle dynamique qui se crée au Rassemblement, des voix s’élèvent déjà pour l’inviter à poursuivre sa stratégie d’encerclement. C’est-à-dire : combattre Kabila à sa manière, sans associer le Rassemblement qu’il pourrait brusquement quitter à n’importe quel moment de la lutte.

Kas   

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