En un temps record, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) se retrouve dépouiller de trois de ses hommes forts. Ils ont démissionné faute d’accord sur la nouvelle ligne que Vital Kamerhe a prise au sujet du dialogue. Et les partisans se questionnent…

Kamerhe : des militants partagés entre la Cité de l’UA et Limete ?
Esseulé comme jamais, Kamerhe Lwa Kanyiginyi Vital, 57 ans, traverse des sales temps, en politique. En moins d’une semaine, l’homme a perdu trois hommes – et non des moindres – dans la ligne d’attaque du parti. Le courageux Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général du parti, André Mbata, le constitutionnaliste et enfin, pour l’instant, l’ancien gouverneur de l’ex-Kasaï-Occidental, André-Claudel Lubaya, ci-devant secrétaire général adjoint de cette formation politique.
Tous quittent le navire rouge et blanc pour raison de « désaccord » avec la position de Kamerhe de participer au dialogue politique dans son format actuel, susceptible, selon eux, de maintenir le président sortant Joseph Kabila au pouvoir.
Cet ancien président de l’Assemblée nationale qui a forcé l’admiration d’une grande partie de la jeunesse congolaise par sa conduite de débat au sein de l’Hémicycle du Palais du peuple, se retrouve un peu face à un autre tournant de sa popularité dans cette catégorie d’âge. « J’ai appris à l’apprécier quand il était encore au perchoir de l’Assemblée nationale. Et une fois qu’il avait quitté la majorité, je l’avais immédiatement soutenu par ma modeste voix à la présidentielle de 2011. Mais sa position pour le dialogue dans un tel format me laisse un peu perplexe. Du coup, mon militantisme tiédit », a déclaré un sympathisant de l’UNC.
Quelques jeunes de ce parti se retrouvent parfois partagés entre la participation de leur leader aux assises du dialogue qui s’organisent à la Cité de l’Union africaine, à Ngaliema et la position exprimée à la 10ème Rue/Limete, chez l’UDPS et le Rassemblement.
Mais pour l’un des instigateurs majeurs de la mobilisation populaire contre l’alinéa litigieux de la loi électorale de janvier 2015, les « choses ont évolué ». Kamerhe qui promettait, via Twitter, une mobilisation du même genre en septembre 2016 si le corps électoral n’est pas convoqué, appuie désormais sur un autre levier. Ce qui l’expose à des critiques diverses.
L’homme s’explique, sans succès… Revêtant son manteau de pacificateur, il dépose, le 12 août dernier, un plan de sortie de crise auprès des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dans lequel on pouvait lire : « Entre les positions extrêmes de la Majorité présidentielle et celle du Rassemblement, l’UNC et Alliés s’inscrivent dans une revendication médiane qui privilégie la paix, la sécurité et la relance du processus démocratique devant aboutir à l’alternance démocratique réclamée par le peuple. »
Mais une bonne partie de l’opinion ne l’attend pas de cette oreille. Celle-ci y voit dans sa démarche, une façon pour Kamerhe de retourner dans son ancienne famille politique.
CN
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