Kabila au pouvoir, l’asphyxie du pays pourrait continuer

La présidence hors mandat de Joseph Kabila plonge, depuis 8 mois, le pays dans une situation de précarité. Une situation qui risque de perdurer à chaque fois que la présidentielle sera reportée. Ce qui ne rassure aucun investisseur sérieux.

Décembre arrive…mais visiblement sans aucun scrutin. Surtout pas la présidentielle, nœud de toute la crise. A huit mois du dépassement du second et dernier mandat de Joseph Kabila, le pays vit dans une forme d’expectative. Une situation partagée entre l’attente des élections et le dépit de voir l’actuel chef de l’Etat rempiler encore et toujours.
Dans 4 mois, l’Accord de la Saint-Sylvestre pourrait davantage être vidé de toute sa substance. Et Kabila, lui, être à nouveau sur la sellette. Mais le président de la République semble compter sur une tripartite CENI-CNSA-Gouvernement. Ces trois institutions quasiment acquises à la cause de la Majorité présidentielle, ne pourraient décider autrement que de déclarer l’incapacité de tenir la présidentielle en décembre 2017. Et dans l’entretemps, le pays continuerait à passer des sales temps. L’instabilité économique pourrait poursuivre son bonhomme de chemin. « Le régime en place est devenu incompatible avec toute possibilité de progrès en RDC », constate Freddy Matungulu, ancien fonctionnaire du Fonds monétaire international et président de Congo Na Biso (CNB).
Ce constat, grandeur nature, a été aussi fait par l’UDPS/Kibasa Maliba. « Nous demandons au président de la République de prendre sa responsabilité face à cette crise multiforme et artificielle, dans le cadre du pacte républicain scellé à Sun City et traduit par la Constitution. Son refus de quitter le pouvoir bloque l’avancement du pays et asphyxie notre peuple », a déclaré le 19 août, Augustin Kibasa, président de l’UDPS-Kibasa Maliba.
Depuis le début de cette crise dite artificielle, pour certains, le pays connait l’une des pires inflations monétaires depuis plusieurs années. Une grogne sociale qui pousse les fonctionnaires qui touchaient leur salaire au taux de 920 francs, le dollar, à réclamer le réajustement de leurs dus à 1425 francs, le dollar.
Ce que le gouvernement n’arrive à faire. Conséquence : plusieurs syndicats ont lancé des mouvements de grève. Les enseignants membres du Syeco n’entendent pas toucher la craie le lundi 4 septembre, si le gouvernement reste incapable de réajuster leur salaire. Les médecins agitent la même menace. Il en est de même pour les infirmiers. Une situation qui peut perdurer tant que le pays n’aura pas trouvé une issue véritable à la crise de légitimité des institutions actuelles.

CN

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