Kabila à Kananga pour quel impact ?

Le chef de l’Etat séjourne depuis hier, mardi 30 mai, à Kananga. Sa mission semble être de réconfort aux populations meurtries dans les atrocités entre les miliciens se réclamant de Kamwena Nsapu et les FARDC. Si le Raïs ose parler, que pourrait-il dire aux Kasaïens ?

Après avoir foulé le sol Kasaïen pour la première fois depuis le début du conflit, Joseph Kabila n’a pas fait de déclaration publique à son arrivée. Il a plutôt tenu une réunion de sécurité avec les membres de sécurité à Kananga.
Alors que des atrocités n’ont toujours pas pris fin, le président de la République va tenter de rétablir la confiance dans une zone où la méfiance entre les gouvernants et la population locale est de plus en plus grande. Mais avec toutes les bavures militaires et policières commises sur le sol kasaïen, notamment par un usage disproportionné de la force, les populations kasaïennes restent encore dans la psychose.
La gestion de ces conflits par l’Etat est sévèrement critiquée aussi bien sur le plan national qu’à l’étranger. Des soupçons d’entrave à la vérité ou aux vrais tireurs de ficelle de ces conflits continuent de peser sur le gouvernement, hormis l’implication présumée de l’ex-ministre Coopération au développement, Clément Kanku.
Déjà, au lendemain de la disparition des enquêteurs de l’Onu Zaida Catalan et Michael Sharp sur le chemin de Tshimbulu, la Monusco avait dépêché ses forces spéciales dans cette région pour rechercher les enquêteurs disparus. Contre toute attente, les forces gouvernementales congolaises avaient restreint le déplacement des onusiens. Ce qui avait surpris l’opinion. Comme si cela ne suffisait pas, le refus du gouvernement d’autoriser une enquête internationale de l’Onu  sur la disparition de ces fonctionnaires onusiens vient renforcer des soupçons autour de cette affaire.
Kabila face au drame…
C’est dans ce contexte que Joseph Kabila se rend au Kasaï central où l’Unicef vient de tirer la sonnette d’alarme sur 400 mille enfants qui sont exposés à l’insécurité alimentaire. Et l’Unicef a besoin de plus de 40 millions de dollars pour venir à bout de cette tragédie humaine occasionnée par la mauvaise gestion, par l’Etat, d’un conflit coutumier.
Le député d’opposition, Delly Sessanga, lui, liste dans son rapport 3.300 morts dont une dizaine de chefs coutumiers auraient été sommairement exécutés depuis le déclenchement de ces évènements sanglants. Aujourd’hui, ce conflit jette dans la rue 1 millions de personnes, selon l’Onu.
L’élu de Luiza avance aussi qu’il y a au moins un mort chaque heure dans le Kasaï ou Kasaï central. C’est devant ce tableau très sombre que Joseph Kabila compte s’adresser aux Kasaïens. Une rencontre qui risque de ne pas avoir d’impact sur les populations tant que le mur de méfiance entre d’un côté les forces de l’ordre, le gouvernement et les populations civiles de l’autre reste toujours perceptible.

CN

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