Joseph Kokonyangi bientôt chef d’un parti politique

Le divorce entre le ministre de l’Urbanisme et Habitat, Joseph Kokonyangi et l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) ne semble être qu’une affaire de quelques jours. Alors qu’il est cadre du parti cher à Modeste Bahati Lukwebo, il s’apprêterait – sauf changement de dernières minutes – à lancer son propre parti. Et cela, non sans avoir essayé à plusieurs reprises de déstabiliser la formation politique qui l’a propulsé au-devant de la scène politique. Notamment en le faisant élire Député national en 2011 avant de le proposer au poste de Secrétaire général adjoint de la Majorité présidentielle en 2015.

Et pour assouvir ses ambitions de diriger une formation politique, il aurait porté son choix sur le Collectif des jeunes consciencieux et patriotes (COJECOP), une Association sans but lucratif qui soutient publiquement le référendum constitutionnel. Selon des informations dignes de confiance, la mutation de cette ASBL en un parti politique se serait déjà opérée après son agrément comme tel par un Arrêté du Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Le potentiel futur dirigeant du COJECOP est d’ailleurs cité comme le financier de cette structure qui déploie des banderoles appelant au referendum à travers la ville de Kinshasa. Des dizaines de milliers de dollars seraient débloquées chaque mois pour financer les activités de ses membres, notamment l’impression de banderoles, t-shirts, chapeaux, l’achat des espaces dans les médias et la location des locaux. Pourquoi alors choisir de soutenir une telle organisation jusqu’à la transformer en un parti politique ?
Pour avoir la réponse à cette question, il faut remonter dans l’histoire politique récente. Précisément aux tractations politiques en vue de la formation du gouvernement Samy Badibanga. Selon un cadre de la MP, à l’époque, Joseph Kokonyangi menaçait de quitter l’AFDC avec un groupe de cadres mécontents, selon lui, de la longévité de Modeste Bahati dans le gouvernement. « C’est ainsi qu’il a profité de ses fonctions de Secrétaire général Adjoint de la Majorité présidentielle pour négocier un poste dans le gouvernement étant donné qu’il participait de par ses fonctions, à certaines réunions de la MP auxquelles Bahati n’était pas convié », signale-t-il.
Il ajoute qu’en principe, les listes de candidats ministres de différents partis sont envoyées par leurs chefs ou bureaux politiques selon les statuts de chacun, mais ajoute-t-il, « cela n’aurait pas été le cas avec la nomination de l’élu du Maniema à son poste de Ministre de l’Urbanisme et Habitat ». Poste auquel il a été maintenu dans le gouvernement Tshibala. Et là aussi, « dans des circonstances toujours floues », renchérit la source. Et rien n’indique que ses rapports avec l’AFDC se sont améliorés, mais au contraire, il se comporterait en électron libre.
D’autre part, des analystes politiques soupçonnent ce cadre de la Majorité présidentielle de vouloir influencer certains cadres de l’AFDC pour le suivre dans sa rébellion afin de stopper la vague d’adhésions massives et les succès que connait la deuxième force politique de la famille politique du Chef de l’Etat. « Maintenant que tout est prêt, il n’attend qu’un remaniement du gouvernement pour créer un incident qui poussera l’AFDC à l’exclure pour qu’il se fasse désigner Autorité morale du COJECOP », souffle encore un de ses proches.

Jean Dende/CP

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