Joseph Kapika déclare la guerre au PGR

Le Ministre d’Etat à l’économie nationale, Joseph Kapika pousse les opérateurs économiques à la rébellion contre les inspecteurs de l’administration de son ministère. Opposé au Secrétaire général ai, Christophe Kalala Mbayo qui a pourtant été installé officiellement par le commissaire provincial de la police de Kinshasa sur instruction du Procureur général de la République, il cherche désespérément à faire revenir son ami, Boni Mwawatadi Banjila dans les affaires. Coincé, il prend une série de mesures qui fâchent les règlements qui régissent le fonctionnement de l’administration publique en République démocratique du Congo. Pour ce faire, il a sollicité l’arbitrage du Premier ministre dans un dossier qu’il a lui-même tranché. Ridicule!

Alors qu’il a récemment rassuré qu’il n’y aura pas de rupture de stocks des produits de première nécessité pendant la période de festivités de fin d’année, Joseph Kapika minimise visiblement les risques de spéculations des prix. En cause, son instruction aux opérateurs économiques de ne pas coopérer avec les agents de l’économie mandatés par le Secrétaire général ai pour vérifier les prix appliqués dans le marché.
Dans un communiqué officiel dont une copie a été déposée à la rédaction de Congo Nouveau, il a annoncé le replacement de l’actuel SG ai dans ses fonctions de Directeur. « Il est porté à la connaissance de tous les opérateurs économiques que Monsieur Kalala Mbayo a été replacé dans ses fonctions de directeur à l’administration de l’économie nationale. A ce titre, il ne peut donc pas poser des actes engageant le Ministère de l’économie nationale en qualité de secrétaire général ai », a-t-il écrit.
Or, contrairement à ce communiqué, le seul secrétaire général ai à l’économie nationale reconnu officiellement est bel et bien le même Kalala Mbayo qui a été installé le 23 novembre 2017, conformément à la décision du Ministre d’Etat à la Fonction Publique portant sa réhabilitation.
A la surprise générale, malgré l’humiliation qu’il a subie dans ce dossier-le recadrage par son collègue de la fonction publique sur la violation de l’article 66 alinéa 1 de la Loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat- Kapika multiplie des bêtises.
Notez que le 30 novembre dernier, il a envoyé au Premier ministre un mémorandum truffé de fautes d’orthographe dans lequel il lui a fait état d’une supposée paralysie au sein de l’administration de son ministère. En gros, il met en cause l’intervention du Procureur général de la République en accusant son collègue Michel Bongongo de perturber le bon fonctionnement de l’administration du secrétariat général à l’économie nationale. Le même jour, et sans attendre la réponse de Bruno Tshibala, il a signé le communiqué officiel mentionné plus haut à l’attention des opérateurs économiques. « Les opérateurs économiques qui se permettraient de traiter avec le précité(Le SG ai Kalala Mbayo) ne s’en prendront qu’à eux-mêmes. Ce communiqué est de stricte application dès sa diffusion », a-t-il décidé.

FAIRE LE LIT DE L’ANARCHIE
D’ailleurs, le cabinet du Chef du gouvernement a été informé de cette mesure un jour après sa signature, soit le 1er décembre 2017. Par conséquent, d’aucuns s’étonnent de l’arrogance du ministre de l’économie qui refuse de se soumettre aux instructions du Parquet général de la République qui, se basant sur une correspondance de Bongongo datant de 20 novembre 2017, a installé Christophe Kalala dans son fauteuil de SG ai.
« Ce n’est pas du tout responsable de demander l’arbitrage du Premier ministre et au même moment, prendre de mesures qui prouvent qu’on n’a pas besoin de son intervention », regrette un observateur qui fait remarquer que la réaction de Joseph Kapika menace la cohésion de l’équipe gouvernementale et prouve qu’il a de problèmes particuliers contre Christophe Kalala. D’autre part, en refusant de reconnaitre ce dernier comme secrétaire général ai légitime, il cherche à créer un vide administratif à cette fin d’année au risque de paralyser toute l’économie nationale. « Demander aux opérateurs économiques de ne pas recevoir les agents qui passent pour de vérifications de prix de routine c’est favoriser l’anarchie », tranche un juriste. Affaire à suivre!

Jean Dende

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