Joseph Kabila et Félix Tshisekedi auraient parlé en secret

Les discussions directes entre le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, méga plateforme de l’Opposition, et la Majorité présidentielle, se poursuivent au Centre Interdiocésain à Kinshasa, sous la médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), autour les arrangements particuliers. Mais ces négociations n’excluent aucunement d’autres tractations peut-être plus directes. Certains acteurs politiques, se rappelle-t-on, ont émis des souhaits et des propositions pour une rencontre directe entre l’autorité morale de la Majorité présidentielle, le président Joseph Kabila, et le chef du Rassemblement, Félix Tshisekedi, membre de l’UDPS, interface du Rassemblement avec la Cenco, selon les déclarations du secrétaire général de cette structure des évêques catholiques, l’abbé Nshole. La désignation du prochain Premier ministre qui doit être issu du Rassemblement, ainsi que du président du Comité national de suivi de l’Accord (CNSA),  selon l’Accord signé le 31 décembre 2016, sont naturellement les enjeux réels d’une pareille rencontre souhaitée par une frange de la classe politique.
Des milieux de Limete, l’on apprendrait qu’une rencontre aurait été organisée, en secret et en toute discrétion, entre le président Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Et, susurre-t-on, l’annonce de manière officielle du décès d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba aurait été le prétexte de cette rencontre. Et ce serait un certain Abbas, très introduit dans les milieux de la présidence du Congo Brazzaville, qui aurait été l’artisan de cette rencontre. Et si cette rencontre a vraiment eu lieu, l’on est poussé d’affirmer que les parties ne se seraient pas entendues. Car, l’opinion publique continue, presque naïvement, à attendre une autre rencontre entre le chef de l’Etat et le chef du Rassemblement.
Pour certains, l’on doit mettre fin à la politique de diabolisation, surtout dans le camp de l’Opposition en général, du Rassemblement en particulier. Rencontrer un dirigeant de la Majorité présidentielle ne devrait pas être une chasse gardée de certains membres de l’Opposition, au détriment d’autres qui seraient alors facilement taxés de traitres, et victimes d’une certaine diabolisation, surtout si le but reste le même.  Certes, des opposants de pacotille existent, ceux qui succombent sous le pouvoir des billets de banque, et même des miettes. Mais il y a également des acteurs politiques de l’Opposition qui ont toujours lutté pour la démocratie dans le pays aux côtés d’Etienne Tshisekedi, et qui aujourd’hui jouissent d’un poids politique indéniable, ont été des interlocuteurs entendus et écoutés dans diverses négociations sur l’évolution politique du pays. Certes, le sphinx a tiré sa révérence dans une période complexe du pays, mais ceux qui l’avaient accompagné dans la lutte depuis les années 1980 et 1990 et qui sont restés constants dans cette vision pour l’instauration de la démocratie continuent le combat. Certains d’entre eux ont été aux côtés d’Etienne Tshisekedi au Conseil des sages du Rassemblement à Genval à Bruxelles. Et si le Rassemblement connait aujourd’hui des remous en son sein, soutient-on, c’est parce qu’on a tenté de les ignorer. Mais la constance dans l’engagement plaide en leur faveur.  En quête de l’alternance au pouvoir, l’assemble de l’Opposition, notamment le Rassemblement et  la plateforme Front pour le respect de la Constitution avec en tête le Mouvement de libération du Congo (MLC), doit parler un même langage face à la Majorité présidentielle.

CN

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