Gestion durable des forêts: L’Agence France de Développement rejette toute accusation !

Dans une tribune, l’Agence Française de Développement (AFD), réagit par rapport aux différentes critiques faites à son encontre, sur son programme de gestion durable des forêts. A travers Jean-Luc François, son chef de la division agriculture et biodiversité, elle estime que c’est la pression exercée par le marché local qui représente la plus grande menace pour la forêt tropicale du bassin du Congo. Pour lui, combattre la déforestation implique des plans d’aménagement forestier qui reposent sur deux principes. Notamment tracer les limites des zones forestières ainsi que fixer des plans de coupe des arbres.

Cette tribune fait savoir  que la déforestation en RDC  a connu un taux de 3,34 % par an entre 1990 et 2010, passé depuis à 1 % par an, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Une situation qui s’explique par la demande des ménages pour le bois de feu, le bois d’œuvre et les terres cultivables. En 2016, le marché local informel en a absorbé plus de 80 millions m3. D’ailleurs, le Ministre de l’Environnement avait indiqué à la même année, que les exportations de bois d’œuvre tropicaux issus des concessions forestières légales s’élèvent seulement à 220.000 m3 .
Selon Tosi Mpanu-Mpanu, négociateur climat de la RDC et président du groupe des Pays les Moins Avancés (PMA) lors de la Conférence de Marrakech sur les changements climatiques (COP22), en 2016, « les pays d’Afrique centrale sont prêts à protéger la forêt, mais il leur faut d’abord réduire la pauvreté et venir à bout de certaines pratiques : en RDC, où 9 % de la population a accès à l’électricité, 91 % des habitants se tournent vers la forêt pour leur énergie en coupant du bois, souvent de manière illégale.  Dans le contexte actuel, combattre la déforestation requiert des plans d’aménagement forestier qui reposent sur deux principes, notamment tracer les limites des zones forestières ainsi que fixer des plans de coupe des arbres permettant le renouvellement de l’écosystème forestier concerné.
De tels plans d’aménagements existent aujourd’hui dans quelques grandes concessions qui assurent 73 % du bois légalement exporté. Il faut en plus, concevoir des plans d’aménagement forestier durable, de manière urgente, pour les forêts communales et communautaires. Pour que le système fonctionne, il faut un engagement de très nombreux  acteurs, depuis les communautés de base jusqu’au sommet.
Sur ces bases, une stratégie de Réduction de la Déforestation et de la Dégradation des Forêts (REDD+) a été validée par différentes instances internationales, dont l’initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI), financée pour l’essentiel par la Norvège depuis 2016. L’Agence Française de Développement (AFD, entend contribuer à la mise en œuvre des priorités arrêtées dans ce cadre.
A cet effet, il s’agit d’abord de l’essor d’une filière artisanale légale, durable, contrôlable par des Autorités locales renforcées, pour satisfaire la demande nationale. Ensuite, l’objectif est de poursuivre la mise en œuvre du système des concessions allouées à des entreprises. Car pour marginal qu’il soit, ce segment a prouvé son efficacité dans les pays voisins de la RDC depuis vingt-cinq ans. Pour preuve, sur 300 millions d’hectares de forêts dans le bassin du Congo, 31 millions d’hectares se trouvent sous concessions formelles. Les deux tiers sont exploités dans le cadre de plans d’aménagement forestier qui comportent des obligations en termes d’emplois et d’équipements collectifs comme les écoles et les dispensaires, qui n’existeraient pas autrement dans ces zones reculées.

Judith Asina

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WhatsApp chat