La France parle de Kabila et de la RDC en Angola

A dix mois de la tenue des élections présidentielle et législatives prévues le 23 décembre prochain, la République Démocratique du Congo nage dans une crise politique dont l’issue est encore incertaine. Depuis, plusieurs partenaires extérieurs de la RDC s’emploient pour pousser toutes les parties en présence à s’accorder sur l’essentiel : aller aux élections.

Parmi les pays qui militent pour que le processus électoral enclenché en RDC se déroule dans la paix figure la France. Selon Radio France Internationale (RFI) captée le jeudi matin à Kinshasa, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Driand, devrait être reçu le même jour à Luanda par le nouveau président angolais, Joao Lourenço.
« Les deux hommes devraient entretenir une concertation étroite sur les enjeux de sécurité régionale, notamment la situation en République Démocratique du Congo », peut-on lire sur le site du ministère français des Affaires étrangères. La visite du chef de la diplomatie française, souligne le site cas-info, sonne comme un regard plus soutenu de la diplomatie française vis-à-vis de la situation politique en RDC marquée par des répressions des manifestations de rue organisées depuis le mois de décembre 2017 par les laïcs catholiques.
Le ministre français des Affaires étrangères se rend en Angola quelques semaines après que le chef de l’Etat angolais ait rencontré son homologue de la RDC, Joseph Kabila, dans le cadre de la Tripartite Angola – République du Congo et République Démocratique du Congo. Lors de ce Sommet, les chefs d’Etat de trois pays avaient largement évoqué la situation politique volatile qui prévaut à Kinshasa.

Emmanuel Macron sous pression
Dans une lettre ouverte adressée au président Emmanuel Macron, des ONG françaises ont exigé la transparence dans la coopération sécuritaire avec la RDC, mais surtout « la coupure de la coopération eu égard aux répressions des manifestants ».
« Monsieur le Président, alors qu’une nouvelle manifestation est prévue ce dimanche 25 février, vous avez la possibilité d’entendre enfin l’appel des démocrates congolais pour fragiliser l’appareil répressif auquel ils font face et isoler politiquement le régime qui ordonne de le réprimer violemment, vous pouvez annoncer la suspension immédiate de toute coopération policière et militaire française avec ce pays », écrivaient les responsables de ces ONG.
Répondant à la demande des ONG, le gouvernement français a indiqué jeudi qu’il ne fournit plus des armes à la République Démocratique du Congo, mais n’intervient plus que dans la formation.
A ce propos, lors d’un point de presse animé le 28 février à Paris, Jean-Yves Le Driand a indiqué que « son pays applique les mesures restrictives sur le commerce des armes définies par le Conseil de sécurité des Nations Unies et l’Union Européenne ».
En ce qui concerne la situation politique en RDC, a ajouté le ministre français des Affaires étrangères, «la France reste très attentive et réitère son appel à la tenue effective des élections conformément au calendrier publié le 5 novembre 2017, dans le respect de la Constitution congolaise et l’esprit de consensus qui avait prévalu lors de la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre ».
En attendant la rencontre de Luanda entre Joao Lourenço et Jean-Yves Le Driand, Kinshasa se prépare à recevoir dans les jours à venir le Secrétaire général des Nations Unies. Ce dernier sera accompagné du président de la Commission de l’Union Africaine.
CN

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