Félix Tshisekedi appelé à revoir ses stratégies

Publié le dimanche 5 novembre 2017, le calendrier électoral élaboré par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) semble faire l’unanimité de la part des partenaires extérieurs de la République Démocratique du Congo (RDC). Celui-ci prévoit la tenue de l’élection présidentielle le 23 décembre 2018 et la prestation du nouveau Président élu interviendra le 12 janvier 2019.

Lorsque Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies pour effectuer une tournée en Afrique, notamment en RDC, les opposants congolais attendaient beaucoup d’elle. La diplomate américaine va croitre les espoirs des acteurs politiques du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop) lorsqu’à l’étape de Addis-Abeba, elle lâchait déjà des menaces contre le régime de Kinshasa.

Sur place dans la capitale de la RDC, Nikki Haley est parvenue, selon plusieurs sources, à obtenir de Joseph Kabila et de la CENI, la publication du calendrier électoral tant réclamé par les acteurs politiques et les opérateurs de la Société civile. Malgré leurs menaces et autres manifestations de rue, les opposants congolais ne sont pas parvenus à faire plier le bureau de la CENI qui avait prévu de lancer les opérations électorales après 504 jours.

Après avoir rencontré le chef de l’Etat congolais, les Evêques catholiques et une délégation de l’opposition composée de Félix Tshisekedi (Rassop), Vital Kamerhe (UNC), Eve Bazaïba (MLC) et Pierre Lumbi (G7), Nikki Haley annoncera la tenue des élections en 2018 en RDC. Sûrement que la diplomate américaine avait annoncé cette position aux opposants qu’elle avait reçus.

Aussitôt l’envoyée de Donald Trump partie, Félix Tshisekedi déclarait que son parti l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) acceptait des élections en juin 2018. Cependant, il pose une condition : après l’organisation d’une transition sans Kabila. Réponse de Washington par le biais de Yamamoto, le sous-secrétaire d’Etat chargé de l’Afrique : « Une transition sans Joseph Kabila n’est pas constitutionnelle ».

Ville-morte, une arme obsolète

Pour accentuer la pression sur le régime dirigé par Joseph Kabila,  le Rassemblement des forces politiques et sociales conduites par Félix Tshisekedi ont appelé à une désobéissance civile sur tout le territoire national. Dans l’entretemps, les opposants n’ont pas oublié leur arme de toujours : l’organisation des villes-mortes.

La dernière, appelée par les jeunes de la Lutte pour le Changement (LUCHA) et soutenue par le Rassop n’a pas récolté les résultats attendus par les opposants. Certes, certaines villes de l’Est, notamment Butembo, Goma dans le Nord-Kivu, et Lubumbashi dans l’ex-province du Katanga ont obéi au mot d’ordre, mais Kinshasa, le berceau de l’Opposition avait tourné au ralenti.

Avec cette énième ratée, des analystes politiques estiment que l’heure des villes-mortes semble révolue et que le Rassop risque de ne pas obtenir ce qu’il cherche (l’alternance politique) en s’accrochant à cette stratégie. De plus en plus, plus d’un observateur de la scène politique congolaise croit que Félix Tshisekedi et ses amis du Rassemblement devraient revoir leurs calculs s’ils tiennent à changer la face de la RDC sur le plan politique.

Elections, la voie de sortie ?

Que peut faire ou que doit faire l’opposition pour obtenir l’alternance politique en RDC ? Selon la Constitution du 18 février 2006, les élections restent la seule voie pour que les Congolais se choisissent un nouveau chef de l’Etat après que Joseph Kabila ait terminé ses deux mandats. Prévue en novembre 2016, l’élection présidentielle n’a pu être organisée. La CENI a avancé des raisons ayant trait au manque de moyens financiers. Un accord ramenant la présidentielle en décembre 2017 a été signé en décembre entre le Rassop et la MP. Mais, il (accord) n’a pas été appliqué comme voulu, les opposants ayant refusé de rejoindre le Gouvernement Tshibala.

Pour finir avec le régime, l’opposition et la Société civile réclamaient la publication du calendrier électoral. Ce qui fut fait le 5 novembre dernier. Face à un régime qui peut tout bloquer à tout le monde, d’aucuns estiment que le Rassop devrait tester la bonne de Joseph Kabila en soutenant ce calendrier, du reste soutenu par la plupart des partenaires extérieurs de la RDC, dont les USA, le Canada, l’Union européenne, l’Union africaine…

« Douze mois, ce n’est pas beaucoup », a lâché mon voisin. Pour lui, le Rassop devrait plutôt jouer au rappel des troupes comme propose Jean-Pierre Bemba afin de prendre le camp Kabila aux mots. La stratégie consisterait à organiser un congrès à l’issue duquel l’opposition se mettrait d’accord autour d’un candidat et se mettre en ordre de bataille. « Si l’opposition montre un tel, je crois, soutient mon voisin, la MP tremblera et pourrait même rejeter le calendrier électoral qu’elle soutenir actuellement ». « Rejeter le calendrier et ne rien proposer en contrepartie, c’est donner des arguments au camp Kabila », conclut-il.

CN

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