Faut-il vraiment croire aux propos de Kabila ?

Finalement, le chef de l’Etat s’est rendu à New York et a tenu, le samedi 23 septembre dernier, son discours notamment sur la situation générale de la République démocratique du Congo. Mais certains aspects de son allocution laissent incrédule une bonne partie de l’opinion congolaise.

Cela fait 3 ans, jour pour jour, depuis que Joseph Kabila promettait pour la première fois à la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu des élections qui devraient le voir passer le flambeau à son successeur. Mais de 2014 à 2017, la même promesse continue : « J’affirme que le cap vers les élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé et que notre marche dans cette direction est irréversible. » Cette déclaration, la récente, n’a semblé émouvoir personne dans les rangs des Congolais, sauf ceux de son obédience politique. En l’occurrence le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende qui s’est empressé de saluer « un discours très responsable » de la part de Joseph Kabila.
Dans l’opinion, certains disent n’avoir rien attendu de cette allocution pour la bonne et simple raison que la tenue véritable des élections, dans le contexte actuel, dépend du bon vouloir d’un seul homme : Joseph Kabila. « En 2011, contre l’avis général de la communauté internationale, le Président avait tenu au forceps des élections sans attendre l’aide financière extérieure, encore moins la paix dans la partie Est de la RDC. Il l’avait fait parce qu’il faisait partie du jeu politique à l’époque », a réagi un internaute congolais.
Mais après que son second et dernier mandat ait pris fin en décembre 2016, nombreux sont ces Congolais qui voient plutôt le blocage du processus électoral venir de la majorité au pouvoir et non des prétextes sécuritaire ou financier. A l’opposition politique, cette nouvelle promesse des élections passe aussi mal.
« Avec Joseph Kabila, il est de plus en plus difficile de croire en ce qu’il dit. », a déclaré André-Claudel Lubaya, député et membre de la Dynamique de l’opposition. « A la même période et à la même tribune, il avait promis des élections pour 2016. La suite on la connait, ni en 2016 ni en 2017, il n’a rien entrepris pour organiser les élections ni faciliter leur tenue », a-t-il ajouté dans une réaction accordée à www.cas-info.ca.

Vérités sur le drame Kasaïen
Autre point d’incrédulité, c’est la volonté manifestée par le chef de l’Etat de faire la lumière sur le drame kasaïen. A propos de l’assassinat en mars 2017 de deux experts onusiens dans le Kasaï, Joseph Kabila a, du haut de la tribune de l’Onu, indiqué que son pays reste ouvert à toute forme de collaboration pour établir la vérité et la justice. Sur ce point, l’incrédulité persiste… Car, il y a quelques mois à Genève, alors que l’Onu cherchait à faire la lumière via une enquête internationale indépendante qu’elle voulait initier, cette organisation a rencontré une résistance rare de la part de Kinshasa, voire de la fameuse Union africaine présente au Conseil des Droits de l’Homme à Genève, en Suisse. Et tout son de cloche contraire à la « vérité » que le gouvernement veut entendre de ce dossier semble être systématiquement attaqué par le même gouvernement. Comme si toute vérité sur le drame kasaïen devait toujours ménager le régime.

 

CN

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