Eteni Longondo : « Unie ou pas, l’opposition va triompher si les élections sont fiables »

Le secrétaire général adjoint de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) pense que le plus important au stade actuel pour l’opposition est de batailler pour obtenir des bonnes élections sans la machine à voter, encore moins des électeurs sans empreinte. Et pas forcément la candidature commune. Se confiant à Congo Nouveau, ce médecin de carrière trempé dans la politique depuis sa jeunesse estudiantine ne doute pas d’une chose : la guérison de la RDC est possible si le choix du souverain primaire est respecté. Interview.
Congo Nouveau : la presse revient largement ce dernier temps sur une affaire de « faux diplôme » de Félix Tshisekedi, votre candidat à la présidentielle, déposé à la CENI. Est-ce vrai ?
Eteni Longondo : C’est un faux débat. Certains membres de l’UDPS ont délivré les services rendus à la CENI, comme le veut la loi. D’autres, des diplômes. Félix Tshisekedi est un intellectuel. Si les gens ont des doutes, ils n’ont qu’à aller consulter des institutions qui sont reprises dans ses diplômes pour vérifier.
Autre polémique : candidature commune de l’opposition, vous y croyez à l’UDPS ?
Pour le moment, nous avons des idées par rapport à la candidature commune. Mais, le plus important au stade actuel est de miser sur le bon déroulement des élections. Nous n’allons pas aller aux élections pour se faire ridiculiser parce qu’il y a la machine à voter ou encore 10 millions d’électeurs sans empreinte… Cela relève de la stratégie du FCC pour voler les élections. Il faudrait que tout cela soit mis au clair.
Pour les électeurs sans empreinte, le début de réponse est là avec l’affichage des listes électorales dès ce 3 septembre par la CENI
Cela peut ou ne pas résoudre le problème. Qui va aller jusque dans les villages pour vérifier tous ces noms ? Déjà, ils avaient dit que des personnes sans empreinte vivaient pour la plupart dans des villages et le travail champêtre a abîmé leurs empreintes.
On ne peut pas aller des suspicions en suspicions, il faut quand même finir par proposer une solution
La solution est de travailler ensemble pour écarter des suspicions. Quand la CENI s’engage dans des démarches non reprises dans la loi électorale comme la machine à voter, pourquoi elle s’entête à abandonner quand une grande partie de l’opposition n’en veut pas. Ce qu’il y a quelque chose de suspect.
La machine à voter permet de gagner et le temps et l’argent à économiser par rapport au bulletin de vote
En 2006 et 2011, il n’y avait pas de facteur économique et de temps ? Ngoy Mulunda, ancien président de la CENI, dans une de ses interventions dans les médias, a prouvé le contraire par rapport à ces prétendues raisons. Même la communauté internationale n’est pas sûre avec la machine à voter. Il y a des pays qui s’y opposent.
Pendant ce temps, le FCC s’organise autour d’un candidat (Shadary). A l’opposition, des querelles byzantines resurgissent
Où est-ce que vous avez entendu des querelles à l’opposition ? Aucun leader n’en a parlé.
Nous avons suivi Kabund en train de se « moquer » presque de l’invalidation de la candidature de Jean-Pierre Bemba
Sur l’image ou l’élément audio, Kabund n’a pas cité le nom de Bemba. Il y a eu beaucoup d’invalidés. Si vous suivez ces propos tenus devant la ligue des jeunes du parti jusqu’à la fin, -puis-ce que la partie qui circule est coupée-, vous verrez et écouterez plutôt que la seule fois qu’il a cité le nom de Jean-Pierre Bemba, c’était pour compatir avec lui. Il avait précisé que l’UDPS allait le soutenir.
Unie ou pas, avec des élections crédibles, l’opposition peut-elle triompher ?
Là, il n’y a pas match. Ces gens du pouvoir qui ont travaillé pendant 17 ans, qu’est-ce qu’ils vont montrer aux Congolais comme réalisations ? Les Congolais ne sont pas dupes.
Les élections en RDC est beaucoup plus régionales ou ethniques
L’UDPS est implantée partout. Ce que je dis au Congolais est ceci : vous allez voter quelqu’un parce qu’il parle swahili, tshiliba, kikongo ou lingala pour que, une fois au pouvoir, il vous abandonne ? C’est ce qui se passe au pays. Kabila lui-même est du Katanga. Qu’est-ce qu’il a fait pour le Katanga qui, du reste, n’est pas Lubumbashi ? J’ai vu dans cette région si riche les gens manquer des vêtements. Comment voulez-vous que ces gens là puissent vous voter encore ?
Qu’est-ce qui dit au peuple qu’avec l’UDPS, ce sera du vrai changement ?
Ne fus-ce que par le fait qu’ils ont déjà essayé les gens qui sont au pouvoir et qu’ils ont vu des résultats négatifs, voire criminels (des guerres, massacres). Qu’ils essayent aussi d’autres. A l’UDPS nous avons commencé le combat depuis longtemps. Ils le savent. Si nous voulions le pouvoir pour le pouvoir, on l’aurait déjà obtenu. Combien de fois nous et feu président Etienne Tshisekedi avons été contactés ? Nous comptons beaucoup plus sur des élections crédibles. Aussi, sur la souveraineté de notre peuple. Qu’on le laisse choisir ses leaders librement. Je crois que parmi ces leaders, ceux de l’UDPS seront là.
Vous avez longtemps œuvré en dehors du pays, la CENI a invalidé plusieurs candidatures pour double nationalité. Etes-vous 100% congolais ?
Je n’ai jamais changé de nationalité. Si je suis allé à l’étranger, c’est pour étudier et travailler. Sinon, la CENI aurait invalidé ma candidature.
Invalider une cascade de candidats, est-ce une bonne chose ?
La loi actuelle interdit la double nationalité. C’est clair que celui qui est frappée par cette interdiction n’a pas droit de concourir aux élections. Malheureusement avec notre CENI, c’est la justice à double vitesse. Chez les uns, ils invalident. Chez les autres, au FCC, ils laissent. Je crois qu’il y a beaucoup d’étrangers là-bas qui sont restés. Il faudrait voir cela très bien. La CENI a beaucoup plus invalidé les candidats de l’opposition ou des candidats de la mouvance qui veulent se démarquer de leur médiocrité.
Vous êtes candidat député dans la circonscription électorale de Lukunga, à Kinshasa. Arracher un siège à Lukunga n’est pas facile. Êtes-vous confiant ?
C’est question de monter à la population de Lukunga ma capacité d’apporter le changement. Je n’ai pas beaucoup d’argent pour battre campagne. Je vais m’appuyer sur ma conviction. La faire comprendre aux autres. C’est ainsi je serais peut-être adopter. Je ne vais pas acheter les gens avec des t-short, de l’argent… Certes, c’est une réalité au Congo. Mais, je sais aussi qu’une grande partie de la population n’admet pas ces pratiques. Qui peut vouloir reconduire un système qui l’a soumis à une pauvreté des décennies durant ? A moins de perdre ses capacités intellectuelles.
Un mot d’espoir ?
Que le peuple continue à faire confiance à l’UDPS. « Biso toza mabako pembe ». Nous n’avons pas volé ce pays. Qu’ils essayent de nous choisir, ils vont vivre le changement. Avec la détermination de tous, nous allons y arriver.

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