Elections : l’ONU «menace» Kabila et Félix Tshisekedi

Boudé, voire rejeté, par les acteurs politiques membres du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop), le calendrier électoral publié le 5 novembre dernier par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) continue à recevoir le soutien des partenaires extérieurs de la République Démocratique du Congo. Le dernier en date est celui venu des Nations Unies.

Après les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Européenne, l’Union Africaine, le Conseil de Sécurité des Nations soutient la tenue de l’élection présidentielle à la date fixée par la CENI, c’est-à-dire le 23 décembre 2018. Toutefois, la position de l’ONU est assortie des « injonctions » adressées à toutes les parties impliquées dans le processus électoral en RDC. « Les membres du Conseil de sécurité prennent note de la publication, par la Commission Electorale Nationale Indépendante de la RDC du calendrier électoral prévoyant une présidentielle, des législatives et des élections provinciales le 23 décembre 2018 », souligne le communiqué du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Frapper les perturbateurs
Toutefois, l’ONU brandit les menaces sur la Majorité Présidentielle conduite par Joseph Kabila et par le Rassemblement piloté par Félix Tshisekedi. « Maintenant que le 23 décembre 2018 a été choisi comme date des élections, les membres du Conseil de sécurité soulignent l’importance capitale de s’assurer que ces scrutins ne soient pas encore repoussés », indique le Conseil de sécurité, avant de menacer : «Les membres du Conseil ont réaffirmé leur volonté d’agir en conséquence envers tous les acteurs congolais dont les actes et les déclarations entraveraient la mise en œuvre de l’Accord et l’organisation des élections en temps voulu ».
Par ailleurs, le Conseil de sécurité a exigé la publication d’un budget crédible afin d’organiser des élections dans des conditions idéales, mais aussi l’adoption des lois électorales en adéquation avec le calendrier retenu. La déclaration souligne également la nécessité que tout le possible soit fait pour que les élections prévues soient organisées dans de bonnes conditions de transparence, de crédibilité et d’ouverture, et mènent à une passation pacifique du pouvoir, conformément à la Constitution et à l’Accord, notamment aux dispositions du chapitre II de celui-ci.

Rétablir la confiance
En plus, les membres du Conseil de sécurité soulignent « la nécessité la prise des mesures d’urgence pour rétablir la confiance entre les acteurs concernés et apaiser les tensions politiques, dans l’esprit de l’Accord, notamment la pleine application des mesures de restauration de la confiance convenues dans le chapitre V de celui-ci, dont certaines restent à mettre en œuvre ». Ils notent, en particulier, la nécessité que des progrès immédiats soient réalisés en ce qui concerne la libération de prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites judiciaires injustifiées, selon les termes de l’Accord, et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Les protagonistes de la crise politique sont dont avertis par les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

CN

Déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU sur les opérations électorales en RDC

Les membres du Conseil de sécurité ont noté la publication, par la Commission électorale nationale indépendante de la République démocratique du Congo, du calendrier électoral fixant au 23 décembre 2018 les élections présidentielle, législatives et provinciales. Ils rappellent que le Conseil a, de concert avec l’Union africaine, demandé à plusieurs reprises la publication rapide d’un calendrier électoral crédible et consensuel, conformément à l’Accord politique du 31 décembre 2016. Maintenant que les élections ont été fixées au 23 décembre 2018, les membres du Conseil soulignent qu’il est déterminant de garantir qu’elles ne soient pas à nouveau reportées.

Les membres du Conseil insistent sur le fait qu’un cycle électoral pacifique et crédible, conforme à la Constitution congolaise et à la résolution 2348 (2017) du Conseil, ainsi qu’à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, est essentiel pour la réalisation d’une paix et d’une stabilité durables en République démocratique du Congo. Ils prient les autorités congolaises et toutes les institutions compétentes de prendre sans délai toutes les mesures nécessaires pour garantir que le nouveau calendrier électoral soit scrupuleusement respecté, y compris la publication d’un budget crédible pour les élections conjointes et l’adoption de la législation électorale voulue. Ils soulignent également la nécessité que tout le possible soit fait pour que les élections prévues soient organisées dans de bonnes conditions de transparence, de crédibilité et d’ouverture, et mènent à une passation pacifique du pouvoir, conformément à la Constitution et à l’Accord, notamment aux dispositions du chapitre II de celui-ci.

Les membres du Conseil réaffirment que la mise en œuvre effective, rapide et opportune de l’Accord est essentielle pour assurer la crédibilité des opérations électorales et la paix et la stabilité de la République démocratique du Congo, ainsi que pour appuyer la légitimité des institutions chargées de la transition. Ils rappellent qu’il importe que des mesures soient prises d’urgence pour rétablir la confiance entre les acteurs concernés et apaiser les tensions politiques, dans l’esprit de l’Accord, notamment la pleine application des mesures de restauration de la confiance convenues dans le chapitre V de celui-ci, dont certaines restent à mettre en œuvre. Ils notent, en particulier, la nécessité que des progrès immédiats soient réalisés en ce qui concerne la libération de prisonniers politiques, l’arrêt des « poursuites judiciaires injustifiées », selon les termes de l’Accord, et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Les membres du Conseil notent avec satisfaction l’offre faite par l’Union africaine, l’Organisation internationale de la francophonie, la Communauté de développement de l’Afrique australe et l’Union européenne, en association avec l’Organisation des Nations Unies, de créer une équipe coordonnée d’experts chargés d’appuyer la préparation des élections, notamment en garantissant la pleine participation des femmes sur un pied d’égalité. Ils prient les autorités congolaises de débourser les fonds promis pour le cycle électoral comme prévu, en dépit des difficultés budgétaires, pour garantir que les opérations électorales se déroulent en temps voulu. Ils prient également les partenaires bilatéraux et multilatéraux de fournir, une fois le budget établi, l’appui financier, logistique et technique qui permettra de mener à bien l’organisation des élections, et les autorités congolaises de permettre que cet appui soit fourni comme il convient, en temps voulu.
Les membres du Conseil ont à nouveau appelé tous les Congolais à œuvrer pour préserver les avancées encore fragiles réalisées sur la voie de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo, souligné les responsabilités qui incombent à tous les acteurs politiques congolais, notamment celles de surmonter leurs divergences pour parvenir à un consensus et de faire prévaloir les intérêts et le bien-être de la population sur toute autre considération, et engagé fermement toutes les parties prenantes à redoubler d’efforts pour garantir la participation des tous les signataires de l’Accord à sa mise en œuvre.
Les membres du Conseil ont à nouveau demandé à tous les partis politiques et leurs sympathisants et aux autres acteurs politiques de garder leur calme et de s’abstenir de recourir à quelque forme de violence que ce soit. Ils ont réaffirmé leur volonté d’agir en conséquence envers tous les acteurs congolais dont les actes et les déclarations entraveraient la mise en œuvre de l’Accord et l’organisation des élections en temps voulu.

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