Economie nationale : Kapika et Mwawatadi humiliés

Le Secrétaire général a.i à l’Economie nationale, Christophe Kalala Mbayo a été installé officiellement hier, jeudi 23 novembre 2017, dans ses fonctions conformément à un Arrêté du Ministre d’Etat à la Fonction Publique. Contrairement à ce qui se passe dans tous les ministères, le ministre de l’Economie Joseph Kapika et son cabinet ont brillé par leur absence.

C’est le retour à l’ordre et à la normalité après une dure semaine pour les agents et cadres de l’administration de l’Economie nationale qui ne savaient à quel saint se vouer. Il a fallu que le Procureur général de la République intervienne à travers le Parquet Général près la cour d’appel de Kinshasa/Gombe pour que Christophe Kalala prenne enfin possession de son bureau au rez-de-chaussée de l’immeuble SCTP, ex-Onatra.
Dura lex sed lex, dit-on. La réhabilitation de Mwawatadi Banjila Shibondo au poste de SG ai n’aura duré que 24 heures après une cérémonie de remise et reprise irrégulière qui installait l’ancien secrétaire général que tout le monde connaît comme l’ami de longue date du ministre.
En effet, c’est sur fond des échanges de correspondances et de coups de fil entre le ministre d’Etat à l’Economie nationale et son collègue de la Fonction publique que Christophe Kalala a repris ses fonctions de Secrétaire général a.i.
Farouchement opposé à son retour pour des raisons que l’on ignore, le premier s’est permis de violer l’article 66 alinéa 1 de la Loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat.
Contrairement à cette disposition qui stipule que le replacement en activité de service d’un agent suspendu par Arrêté d’un Ministre sectoriel relève de la compétence exclusive du Ministre ayant la Fonction Publique dans ses attributions, Joseph Kapika a réhabilité, de manière cavalière Mwawatadi Banjila le 18 novembre 2017. Il s’est même fait représenter par son Dircab à la cérémonie de remise et reprise intervenue trois jours plus tard.
Ce, sans compter avec la protestation du Ministre de la Fonction Publique, Michel Bongongo qui n’a pas supporté de se voir ignoré par son collègue qui a usurpé ses fonctions. Il l’a d’ailleurs saisi officiellement pour lui faire une petite leçon sur le fonctionnement de l’administration publique en République démocratique du Congo. «Je me permets de vous rappeler que les dispositions de l’article 66 alinéa 1 de la Loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat, enjoint que le replacement en activité de service d’un agent suspendu par Arrêté d’un Ministre sectoriel relève de la compétence exclusive du Ministre ayant la Fonction Publique dans ses attributions, pour autant que cette action disciplinaire n’ait pas été clôturée dans les trois mois », lui a-t-il écrit le 20 novembre.

LE PARQUET GENERAL TRANCHE
Dans cette correspondance, Bongongo a demandé à son collègue d’annuler sa décision et de revenir sur le bon sens. « De ce qui précède, la réhabilitation par votre lettre de Monsieur Mwawatadi constitue une entrave à la disposition sus-évoquée. Par ailleurs, en attendant la suite définitive au dossier du prénommé, j’ai été porté, à la suite d’un recours m’adressé par Monsieur Kalala, de le replacer en activité en tant que Secrétaire Général a.i à l’Economie Nationale », lui a-t-il fait savoir.
Ne se doutant peut être pas de la suite que l’ancien cadre de l’UDPS allait réserver à sa lettre, il a donné une passe au Procureur général de la République (PGR) pour qu’il fasse respecter la loi. « Je demeure donc dans ces deux considérations et prie Monsieur le Procureur de la République, qui me lit en copie, de prendre telle mesure qui s’impose pour réinstaller Monsieur Kalala Mbayo Christophe dans ses fonctions et garantir sa reprise en service en qualité de Secrétaire Général a.i désigné », a-t-il averti.
Et la suite ? Le Parquet Général près la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe a délégué le Commissaire provincial de la Police nationale congolaise ville de Kinshasa, le général Sylvanus Kasongo pour installer Christophe Kalala dans ses fonctions de Secrétaire général a.i; garantir sa reprise de service et sauvegarder l’ordre public.
Finalement, il y a eu plus de peur que de mal car, Mwawatadi Banjila a cédé sa chaise sans résister et n’a pas résisté. «Il a quitté le bureau avec ses documents en mains comme un élève du primaire qui a été chassé pour insolvabilité. Son ami de ministre ne s’est pas même approché, préférant s’allonger sur sa chaise du cabinet », décrit un témoin de l’installation de Kalala par le patron de la police de Kinshasa.

Jean Dende

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