Dignité, pour quoi faire ?

En Afrique, chercher la dignité en politique, c’est un peu comme chercher une aiguille dans une boite de foin. De plus en plus des chefs d’Etat du continent préfèrent le coup de force en lieu et place d’une sortie honorable. Blaise Compaoré qui passe pour l’icône de cette obstination à ne sortir que par la petite porte continue d’avoir des nouveaux copains.

Après le Gambien Yayah Jammeh, c’est le plus vieux des chefs d’Etat au monde en exercice, Robert Mugabe qui pourrait rejoindre, dans les prochaines heures, le cercle très élargi de ces potentats qui n’ont que faire de la dignité. Destitué de son parti, le président zimbabwéen s’est adressé le dimanche 19 novembre 2017, à ses compatriotes sans toutefois prononcer la moindre phrase sur sa démission. Et pourtant, c’est sur ce terrain-là que la majorité des Zimbabwéens et l’armée l’attendaient. Mais fidèle à sa tête, Mugabe a à nouveau rejeté cette sortie plus ou moins honorable.
Ce qui pousse son parti, majoritaire au Parlement et soutenu par l’armée, à enclencher la procédure d’impeachment pour défenestrer le vieux Bob. Une triste fin pour un révolutionnaire et père de l’indépendance zimbabwéenne. Mais le patriarche n’est malheureusement pas seul sur ce mauvais flan ! Il peut tirer derrière lui d’autres homologues qui, comme lui, multiplient des subterfuges pour ne pas organiser des élections, signe de leur départ du pouvoir. Ce cas, en République démocratique du Congo, interpelle !
C’est d’ailleurs ce qui pourrait justifier ce silence assourdissant qui s’observe au sein de la majorité au pouvoir par rapport à ce feuilleton zimbabwéen. Certains thuriféraires de la mouvance qui essaient, sur le bout des lèvres, d’évoquer ce dossier, le placent rapidement dans la corbeille de la politique interne d’un pays étranger. Certes, le dossier est foncièrement zimbabwéen mais son approche surtout pédagogique tend à transcender les frontières zimbabwéennes. Car, la République démocratique du Congo vit également une situation où le chef de l’Etat, hors mandat depuis fin décembre 2016, reste au pouvoir malgré les protestations populaires, celles des mouvements citoyens et de l’opposition. Le sujet de la fin imminente d’un Mugabe ami de l’ancien président congolais, Laurent-Désiré Kabila parait un tabou aux yeux de la mouvance présidentielle actuelle. Une attitude qui traduit la crainte d’un effet contagion à Kinshasa.

CN

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