Détenu à la Prison centrale de Makala depuis le 27 septembre en attendant son jugement, l’opposant refuse, à en croire un cadre de son parti, de prêter le flanc à ce qu’il qualifie de « parodie de justice ».

Détenu à Makala, Moni Della ne veut plus comparaître
« Je ne suis pas un mouton de Panurge ». C’est la phrase prononcée par le président du parti Conservateurs de la nature et démocrates (CONADE) devant l’un de ses cadres qui est venu lui rendre visite, dimanche 2 octobre, dans sa cellule du pavillon 1 de la Prison centrale de Makala. Selon ce cadre du CONADE qui s’est confié à Congo Nouveau, Moïse Moni Della a ainsi communiqué sa ferme décision de ne plus aller comparaître. Arrêté depuis le 19 décembre dans la foulée de la marche du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, l’opposant a été pourtant déjà auditionné au Parquet général de la Gombe. Désormais, il ne compte plus y retourner. Raison : « Ne pas prêter le flanc à une parodie de justice », rapporte la source.
L’opposant estime que son sort est déjà connu d’avance. Tout serait « boutiqué » pour qu’il écope, si pas d’une peine maximale, d’une peine d’au moins vingt ans pour « responsabilité morale » aux évènements du 19 et 20 septembre. « Il a dit que le régime veut se servir de lui comme exemple pour faire taire les autres opposants. Mais, il reste serein soutenant que ce qui compte, c’est la justice de l’histoire et non la justice des hommes », confie le collaborateur de l’un des pièces maîtresses de l’Alternance pour la République, plateforme qui soutient la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle. Etre proche du dernier gouverneur de l’ex-Katanga serait même parmi les éléments de son interrogatoire lors de son arrestation au cours de laquelle il aurait subi un « traitement inhumain et dégradant ». Aussi, ses nombreuses lettres ouvertes adressées au chef de l’Etat.
Moni Della, confie la source, cite le Vice-premier ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, le général Gabriel Amisi, le directeur de l’ANR et le Procureur général de la République d’être derrière son arrestation. Pour lui, ces autorités induisent le président Kabila en erreur.
Présenté comme l’un des opposants « radicaux », Moni Della a été transféré à Makala depuis le mardi 27 septembre. Arrêté le 19 septembre dans la matinée à proximité de l’esplanade du boulevard Triomphal, il a été conduit au camp militaire Kokolo, puis transféré à une école de formation militaire vers l’aéroport de Ndolo où il a fait deux jours. C’est le mercredi 21 septembre qu’il a été conduit au casier judiciaire. Le lundi 26 septembre, il avait rejoint le parquet général de la Gombe.
Katz.
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