Congrès extraordinaire de l’UDPS : Qui succèdera à Etienne Tshisekedi ?

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) conduite par le Premier ministre, Bruno Tshibala, a ouvert son congrès extraordinaire, le premier depuis sa création en 1982. Une assise qui a pour objectif d’examiner les textes du parti et d’élire le nouveau président.

Plus de 5.000 personnes ont fait le déplacement hier, jeudi 7 décembre 2017, au Centre féminin Marie-Antoinette de Liemte pour peaufiner des stratégies dans le but de conquérir le pouvoir. Ce premier Congrès extraordinaire de l’UDPS a ouvert ses portes dans le bastion de l’opposition, à Limete, à quelques encablures de la résidence de son président, Etienne Tshisekedi, décédé depuis le 1er février dernier, à Bruxelles.

Les travaux ont été lancés par Alfred Ndinga, président du Conseil national provisoire chargé de convoquer ces assises. Tout en regrettant la disparition du Président Etienne Tshisekedi, ce président du Conseil national provisoire a expliqué qu’après ces assises, le parti va ouvrir une nouvelle page de son histoire. Cela, en précisant que la mission essentielle du congrès sera de pourvoir à la succession d’Etienne Tshisekedi.
La tâche, reconnait-il, n’est pas facile parce qu’il s’agit de combler le vide laissé par un baobab. «Des nouvelles structures doivent être mises en place et permettre au parti d’ouvrir une nouvelle page », a-t-il assuré. Avant d’ajouter que le parti n’a d’autres choix que de prendre son destin en mains.
Après la présentation des délégués venus de l’étranger et de l’arrière-pays, le représentant de la diaspora présent à ces assises a lancé un message d’encouragement et de soutien aux congressistes, en insistant sur la triptyque: amour, foi et espoir. Ministres, Vice-ministres, députés nationaux et sénateurs, membres du Rassop et partis politiques amis étaient également présents à ce grand rendez-vous qui a réuni un monde impressionnant.
C’est donc un test grandeur nature lancé pour la réunification de ce parti des masses, mais aussi un défi organisationnel interne à relever pour remettre la fille ainée de l’opposition sur l’orbite des élections, après tas de scissions.
Pour le Premier ministre, Bruno Tshibala, cadre co-fondateur et Secrétaire général adjoint de l’UDPS, le parti est devenu comme «une armée mexicaine, sans règles ni unité de commandement». Brutshi a même rappelé que depuis sa création, il y a 35 ans, l’UDPS n’a jamais dirigé un gouvernement de plus de 3 mois. « C’est le contraire aujourd’hui », lance-t-il en faisant allusion à sa conduite du Gouvernement, depuis mai 2017. « Nous avons donc le devoir sacré, cette fois-ci, d’être à la hauteur de la tâche qui nous a été confiée dans le cadre du gouvernement d’union nationale », a-t-il indiqué. Il a émis le vœu de voir ce congrès être celui de la réunification, de la revitalisation du parti en vue d’obtenir notamment des bons résultats lors des prochains scrutins en décembre 2018.
Pour ce Congrès de l’UDPS ?
Après la mort, début février, d’Etienne Tshisekedi, l’UDPS enclenche, bien que tard, la procédure de succession au sein du parti, conformément à l’article 26 des statuts de l’UDPS.
Ce texte stipule qu’en cas de décès ou d’empêchement définitif du président du parti, un directoire composé de la présidence assume son intérim pour un délai ne dépassant pas 30 jours. Délai au cours duquel il est tenu un Congrès extraordinaire.
Et pourtant, après le décès d’Etienne Tshisekedi, le 1er février dernier, aucune initiative allant dans ce sens n’a été prise par le parti. Encore moins des prises de décisions, par consensus, pendant l’intérim au sein du parti comme le veut l’esprit et la lettre du règlement du parti.
Toujours dans le souci de respecter ces textes, conformément à l’article 19 alinéa 3 qui indique que « le congrès est convoqué en session extraordinaire sur un ordre du jour précis, à l’initiative du président du parti, de la convention démocratique ou à la demande d’un tiers des fédérations », Bruno Tshibala qui n’a pour d’yeux que le règlement, soutient l’actuel Congrès extraordinaire.
Et pour cause ? Etienne Tshisekedi qui devait naturellement le convoquer étant mort, et que la convention démocratique est quasiment inexistante, seul un tiers des fédérations du parti – la base de l’UDPS – pouvait donc enclencher une telle procédure.
C’est ce qui vient d’être fait au Centre féminin Marie-Antoinette où une quarantaine de fédérations – sur les 52 que compte le parti – ont initié le Conclave qui a mené au Congrès extraordinaire de ces trois jours (jeudi 7 au samedi 9 décembre 2017).
Parmi les fédérations qui prennent part à ces assises, figurent notamment celles d’Aketi, Boma, Butembo, Cataracte, Haut-Huelé, Haut-Katanga, Kabinda, Kikwit, Kolwezi, Lisala, Lualaba, Lukaya, Lulua, Mai-Ndombe, Maniema rural, Matadi, Mbuji-Mayi, Plateau, Sud et Nord-Ubangi ainsi que le Sankuru.
Plusieurs membres de l’UDPS/Diaspora ont été représentés, notamment ceux de New-York, de la République sud-africaine, de la Grande Bretagne, du Norvège, Cameroun, Gabon et de l’Angola. Toute cette grande famille « udépesienne » réunie à la 13ème Rue Limete va pourvoir à la succession du Sphinx. C’est donc dans deux jours exactement que sera connu le remplaçant du Lider Maximo à qui Bruno Tshibala a rendu un vibrant hommage hier, au Congrès. « Il restera pour nous, à jamais, un modèle de rigueur morale et intellectuelle, un modèle de défenseur du bien commun et des intérêts vitaux du peuple congolais », rappelle le Premier ministre.

CN

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