Ce que l’on sait du contrat de lobbying entre la CENI et une agence américaine

On en sait un peu plus sur le contenu de l’accord liant la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et une société américaine spécialisée en consultation et lobbying. Un document signé le 30 mai 2018 dont une copie a filtré sur les réseaux sociaux, fixe les modalités, les avantages et obligations mutuelles entre les deux parties.

Des sources internes à la centrale électorale ne démentent pas l’existence d’un tel accord mais refusent de parler d’un lobbying. En place, elles évoquent un acte posé de manière légale dans le cadre des actions de communication externe.
Selon les termes de cet accord, la CENI aurait payé trente-six mille dollars américains et se serait engagé à payer dix-neuf mille autres à la société « Strategies Global, LLC » pour mener une série d’actions à sa faveur sur une période allant du 06 juin au 6 octobre 2018.
« L’entrepreneur convient qu’à cette date, il ne représente aucun client dont l’intérêt est actuellement contraire à l’intérêt du client. L’entrepreneur convient en outre que si, pendant la durée de la présente entente, il détermine qu’un client représenté par l’entrepreneur pourrait avoir un intérêt défavorable à l’intérêt du client, l’entrepreneur doit immédiatement divulguer, le client, à sa seule discrétion, doit prendre toute mesure appropriée jusqu’à et y compris la résiliation de cet accord sans pénalité », prévient ce document de 10 pages à sa neuvième page.

Faire accepter la machine à voter ?
Sur la toile, des internautes congolais ont dénoncé une action de lobbying pour faire accepter la machine à voter auprès des officiels américains. Pour certains, il s’agirait de la mauvaise utilisation des deniers publics alloués à la CENI pour organiser les élections. Pour d’autres, ce contrat cacherait d’autres visées non encore élucidées.
Du côté de la CENI, l’on laisse entendre qu’il s’agirait plutôt d’un contrat de relations publiques financé par le budget prévu pour ses activités de communication.
« La CENI ne peut pas seulement payer pour la communication ici en RDC. On a besoin de la communication nationale et internationale. Parce qu’on suppose que ça soit ici ou à l’étranger, les gens ont besoin d’avoir l’information », a expliqué un cadre de cette institution d’appui à la démocratie à 7sur7.CD.
Selon cette source, il y a une agence américaine qui a été contactée pour la sensibilisation pour laquelle elle a été payée. « Mais pourquoi quand il s’agit d’une agence basée à Washington, les gens doivent polémiquer ? Il a fait des interviews avec The Times et bien d’autres médias, vous pensez que c’est gratuit ? », a-t-il poursuivi.
Ces explications sont loin de satisfaire une certaine opinion qui soutient que Corneille Nangaa veut à tout prix faire accepter la machine à voter auprès de chancelleries occidentales qui, se montrent dubitatives à ces outils informatiques que l’on a surnommés « machines à tricher ».
En tout cas, personne en République démocratique du Congo, à l’exception des responsables de la CENI ne pourrait au stade actuel dire avec exactitude le genre de services qui sera rendu par cette agence américaine.
Jean Dende

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