Case départ !

Hier, jeudi 27 avril, les parties prenantes aux discussions du Centre interdiocésain ont signé le document sur l’arrangement particulier au Palais du peuple. C’était en présence des présidents de deux chambres du Parlement. Le problème : ce que la signature telle qu’intervenue n’a pas requis l’inclusivité de tous les délégués des partis et plateformes politiques ainsi que des structures de la société civile qui ont siégé au Centre interdiocésain. Même la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui a conduit les discussions pendant 4 mois, n’a pas pris part à la cérémonie qui s’est déroulée notamment devant une poignée de diplomates occidentaux.
Une signature farouchement décriée par le Rassemblement de Limete mais aussi par un des membres de la majorité. Ce dernier parle même d’un « accord politique privé » à cause de son caractère non inclusif. En terme de décrispation de la crise, la situation ne semble pas évoluer. A la place, la Majorité présidentielle a préféré appliquer la stratégie de débauchage qui ne fait que repousser la crise, au lieu de la résoudre. Depuis les Concertations nationales, la même recette est apportée aux Congolais sans toutefois pacifier les esprits ni redonner une lisibilité dans la marche politique du pays. La génération Thomas Luhuka – la première à être débauchée dans l’histoire récente du régime – n’avait pas permis au pays de retrouver la cohésion nationale tant recherchée.
Puis vient celle de Badibanga qui n’a eu pour mérite que d’accentuer la crise en faisant perdre aux Congolais environ 40% de leur pouvoir d’achat, depuis janvier 2017. Finalement, après la colère populaire des 19 et 20 septembre dernier, une grande partie de l’opinion était convaincue que le dialogue du Centre interdiocésain était celui de tous les espoirs, notamment à cause de son caractère inclusif. Personne, en parlant de la classe politique, n’était restée en dehors de ce schéma de la paix des pères évêques ! Mais c’était sans compter sur la mauvaise foi de la Majorité présidentielle et le décès inopiné d’Etienne Tshisekedi, une des clés de voute de ces discussions. Et la famille politique du Chef de l’Etat n’a pas fait mieux que de renouer avec le débauchage des individus politiques, en lieu et place de l’ensemble des structures et personnalités clé de la crise. Ainsi, naquis Bruno Tshibala, le deuxième passeur du témoin dans cette espèce de théâtre des opposants solitaires. Et consacre alors la troisième génération des débauchés ! Toutes ces combines n’ont pour seule finalité que de contourner la crise et remettre le pays à la case départ. Mais les opposants débauchés ferment les yeux et savourent leur moment. Dans l’entretemps, Joseph Kabila, lui, gagne du temps ! Et qui sait ? Si c’est peut-être jusqu’au référendum ou au dauphinat !

CN

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