Bongongo et Lumeya en tête des ministres les plus convaincants

Malgré une présence médiatique plus forte en ce mois de novembre 2017, l’équipe Tshibala reste toujours largement loin des attentes des Congolais. C’est ce que révèle le baromètre de novembre du gouvernement de l’Institut de Sondage Les Points qui a mené des enquêtes du 21 au 22 novembre 2017 à Kinshasa et dans les principales villes du pays. Cette période a été marquée par la publication du calendrier électoral par la CENI et le débat politique de plus en plus houleux qui s’en est suivi.

Sous les projecteurs avec le dépôt de projet de loi des finances de l’exercice 2018 et le projet de modification de la loi électorale, le Premier ministre Bruno Tshibala n’a toujours pas décollé dans les sondages.
Au contraire, le Chef du gouvernement perd 8 points par rapport au mois d’octobre dernier où il n’avait obtenu que 25%. L’ancien porte-parole du Rassemblement continue à payer de ses promesses solennelles non tenues. Ce qui l’enfonce davantage, ce sont les informations qui ont filtré au sujet du projet de budget 2018 qu’il a déposé au bureau de l’Assemblée nationale. Ce projet fixe le budget à seulement 5 milliards de dollars américains.
En tout cas pour 79% de personnes sondées, Bruno Tshibala n’inspire ni confiance, ni foi quant au besoin de conduire le peuple congolais aux « meilleurs élections de son histoire » comme il aime bien le répéter.
Sur les 10 ministres qui se sont positivement illustrés le mois d’octobre dernier, un n’a pas été retenu dans ce baromètre. Il s’agit de Joseph Kokonyangi de l’Urbanisme et Habitat qui paie les conséquences néfastes de son implication supposée dans la vente des terrains appartenant à la Société commerciale de transport et des ports(SCTP, ex-Onatra) dans le site de SOCOPAO, au quartier Kawele dans la commune de Limete, aux alentours du site Pakadjuma.
Alors qu’il faisait partie, il y a quelques semaines, des ministres considérés comme les « plus actifs », le Secrétaire général adjoint de la Majorité présidentielle s’est sali les mains dans les soupçons de la vente des dizaines de parcelles.
De son côté, sa collègue des Droits Humains, Marie-Ange Mushobekwa reste dans ce classement avec 58%, et perd 5 points par rapport au dernier mois. Cette petite chute s’explique selon 60% de sondés par le fait que des ONG de défense des droits de l’homme ne cessent de déplorer des cas de violation des droits humains en RDC, en dépit de sa consécration au Comité des droits de l’homme des Nations Unies.
D’autres personnes estiment de leur part qu’elle avait tellement mis la barre très haute avec la désignation de la RDC au comité des droits de l’homme des Nations Unies à telle enseigne que ce qu’elle a fait au mois de novembre n’a pas été significatif.
Elle continue à séduire plus dans le chef des sympathisant du pouvoir qui continuent à l’apprécier notamment pour le rôle de premier plan qu’elle a joué dans la désignation de la RDC au Conseil de droits de l’homme des Nations Unies, aux côtés du vice-premier ministre chargé des Affaires Étrangères, Leonard She Okitundu.
Ce dernier reste pour sa part dans le Top10 du mois avec 61% et connait une légère chute de 2 points de moins sur le mois dernier. Cette petite chute s’explique selon 55%de personnes enquêtées par l’absence remarquable du Chef de la diplomatie congolaise à une réunion entre les États-Unis et 37 ministres des Affaires Étrangères d’Afrique. Sa non-participation à cette rencontre centrée entre autres sur les échanges économiques, la sécurité et la bonne gouvernance en Afrique est prise très au sérieux par des sympathisants de la MP qui redoutent une détérioration des relations diplomatiques avec l’administration Trump. D’autre part, 30% de personnes interrogées sont d’avis que la motion qui le visait à l’Assemblée nationale l’aurait fragilisé dans une certaine mesure.
A la tête du peloton, le Ministre d’Etat à la Fonction Publique, Michel Bongongo qui reste le membre du gouvernement le plus actif du mois en ce qui concerne la vulgarisation du Projet de la réforme et de rajeunissement de l’Administration Publique(PRRAP). Très proche de la jeunesse dans le cadre de ce programme, il s’est vite adapté en y associant les jeunes par le truchement de Francine Muyumba, Présidente de l’Union Panafricaine de la Jeunesse(UPJ). Il voit sa cote monter de 5 points au mois d’octobre 2017 et obtient 77%.
Seul ministre issu du Rassemblement le mieux côté, Lumeya Dhu Malegi fait un bond spectaculaire de 51% à 65% d’opinions positives.
En effet, le ministre des Affaires Foncières s’en sort la tête haute pour la deuxième fois consécutive en autant de mois et progresse dans l’opinion. Cette fois-ci, ce sont des hectares récupérés au profit de l’État dans le plateau de Bateke qui ont concouru à la montée de sa côte de popularité. Des congolais apprécient les efforts qu’il a fournis et le courage dont il a fait preuve pour récupérer au profit de l’Ex-Onatra, de terrain occupés illégalement au site SOCOPAO à Limete par des familles qui n’avaient aucun titre immobilier.
Pour 86% de congolais, la démolition des constructions anarchiques et la récupération de concessions de l’État spoliés ainsi que sa politique visant à moderniser le secteur foncier avec notamment la numérisation du cadastre et des titres fonciers sans oublier la mobilisation des recettes sont parmi les actions qui ont propulsé sa cote.
Sur le plan social, Lumeya Dhu Malegi se veut le défenseur des propriétaires immobiliers et pour ce faire, il s’est impliqué pour assouplir des pratiques, règles et procédures dans le traitement des dossiers fonciers dont le temps est passé de trois mois à 15 jours ouvrables et la révision à la baisse des frais connexes dus au traitement des dossiers aux Affaires Foncières.
Classé troisième, Emmanuele Ramazani Shadari fait une cote appréciable de 63% d’opinions favorables, soit un accroissement de 2% comparativement au mois d’octobre. Le VPM de la sécurité est aussi apprécié par de sympathisants du pouvoir pour la fermeté avec laquelle la police a répondu aux manifestations organisées par de mouvements citoyens le 15 novembre sur toute l’étendue du territoire national tandis qu’il est sévèrement critiqué par de sympathisants de l’opposition qui estiment que les forces de l’ordre dont il est Autorité de tutelle ont réprimé violemment ces manifestations.
Son maintien dans ce classement s’explique aussi par la stabilisation de la situation sécuritaire dans les provinces du Kasaï, laquelle a permis le bon déroulement de l’opération d’enrôlement des électeurs dans cette partie du pays qui était au centre de l’attention du gouvernement au cours de trois premiers trimestres de cette année.
Côte à côte avec lui, le Vice-premier ministre de Transport et Voies de communication, José Makila voie lui aussi sa cote de popularité augmenter légèrement de 3% par rapport au mois d’octobre et s’en sort avec 63% grâce entre autres, aux efforts qu’il fournit pour améliorer le sous-secteur de l’aviation.
Le Ministre des Infrastructures et Travaux publics, Thomas Luhaka Losendjola connait quant à lui un accroissement important de 4% et totalise 58% d’opinions favorables. Ceux qui lui sont favorables estiment qu’il a la volonté de faire mieux mais est buté comme la plupart de ministres, à l’épineuse difficulté de manque de moyens de sa politique. Ils en ont pour preuve, les chantiers dont il a donné le coup d’envoi mais qui se sont arrêtés alors que ceux qui lui sont défavorables crient au manque de transparence dans l’attribution des marchés publics dans son secteur.
Pour sa part, le ministre du Tourisme garde le cap et obtient 54% d’opinions favorables essentiellement dus aux contacts qu’il ne cesse de prendre pour booster ce secteur qui a longtemps été peu attrayant. Franck Makila arrive en septième position et suscite l’admiration des congolais qui commencent à croire aux chances du développement du tourisme de leur pays.
Grâce à la légère maitrise du taux d’inflation, le ministre des Finances, Henri Yav rentre dans le cercle serré des ministres dont l’action est jugée positive par les masses silencieuses. Il s’en sort avec 54% de cotes positives et se classe neuvième.
Parmi les ministres dont la côte de popularité est restée stable, l’on a retenu Modeste Bahati Lukwebo. Avec 51%, le Ministre d’État au Plan ferme la manche. Il a marqué positivement la population par une série d’activités qu’il a organisées au cours de ce mois. Toutes les personnes enquêtées ou presque relèvent toutefois que l’Autorité morale de l’AFDC bénéficie de bons résultats de l’implantation de son parti à travers le pays mais aussi de conséquences positives de 28 mesures économiques (ramenées à 26) prises par le gouvernement lorsqu’il était Ministre de l’Economie pour faire face à la crise socio-financière qui sévit au pays.

LES MEDIOCRES
Contrairement aux autres baromètres, celui de novembre a laissé aux personnes enquêtées le choix de classer elles-mêmes les ministres en trois catégories à savoir, « Très Bons », « Bons » et celle de « Médiocres ». Le point commun des membres du dernier bloc est qu’ils sont très présents dans les médias mais peu de leurs interventions rencontrent les attentes de la population. Il s’agit entre autres de Papy Nyango des Sports, Steve Mbikayi de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Justin Bitakwira du Développement Rural et Lisanga Bonganga des Relations avec le parlement.
Pour 77% des sondés, l’actuel Ministre des Sports fait piètre figure en ce que durant son mandat, la République démocratique du Congo va d’échecs en échecs dans la quasi-totalité des disciplines sportives. Le plus décevant de ces échecs, c’est dans le football où les Léopards n’ont pas réussi à se faire qualifier pour le Mondial Russie 2018 après la non qualification des Léopards locaux au CHAN Maroc 2018 et la faute selon les enquêtés, incombe à grande partie au Ministre de tutelle.
Par ailleurs, Papy Nyango voit sa cote de popularité chuter suite également aux soupçons de spoliation d’une concession qui loge les fédérations sportives, sise sur Avenue Dima dans la commune de Kinshasa.
Comme lui, son collègue de l’ESU, Steve Mbikayi déçoit 81% des congolais enquêtés. Pour ces derniers, ses initiatives ne visent pas, contrairement à ce qu’il prétend le long des journées dans les médias, à améliorer la qualité de l’enseignant mais selon eux, à s’enrichir sur le dos des étudiants, de leurs parents et des gestionnaires des établissements d’enseignement supérieur et universitaire. Ils ne donnent aucune chance de réussite à la bourse de solidarité qu’il a initiée et craignent qu’elle ne puisse connaitre le sort qu’ont connu les cartes biométriques qu’il avait initiées.
De son côté, le tonitruant Justin Bitakwira est considéré par 80% de congolais comme le Ministre qui s’amuse avec les charges de l’Etat en se comportant en comédien avec ses habituelles blagues dans les médias.

Sondage Les Points

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