BCDC: des travailleurs congolais mal traités
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Des informations en provenance de cette banque font étant de la discrimination des Congolais dans le paiement de salaires. Contrairement à ce qui se fait dans d’autres banques, des agents nationaux seraient payés au taux de 950 francs congolais pour un dollar américain alors que des expatriés seraient rémunérés au taux du jour ou en monnaie étrangère. Une pratique que l’on attribue au Directeur générale de cette institution bancaire, Yves Cuypers qui occupe également les fonctions de Président de l’Association congolaises des banques.
Selon un cadre de cette banque qui s’est confié à Congo Nouveau sous couvert de l’anonymat, seuls les fonctionnaires détenant la nationalité belge sont payés en dollars ou en tenant compte du taux du jour. « Nous sommes payés à l’ancien taux de 950 francs congolais contrairement à nos collègues belges qui ont les mêmes grades que nous. On nous laisse entendre que leurs contrats comportent des clauses qui obligent la direction générale de leur accorder certains privilèges que les travailleurs congolais », dit-il avec inquiétude, déception et amertume.
Il poursuit que cette situation a débuté l’année dernière au début de la dépréciation de la monnaie locale par rapport à la devise américaine et que les travailleurs congolais n’auraient pas été officiellement informés par la haute hiérarchie sur des changements dans leur salaire. « Depuis lors, les expatriés sont payés en dollars et les Congolais, quelles que soient leurs fonctions, en francs congolais », note-t-il. Le premier responsable de ce système de « deux poids deux mesures » serait le DG de la Banque congolaise de commerce (BCDC) qui est aussi Président de l’association congolaise des banques (ACB). Et pourtant, d’autres banques commerciales opérant en République démocratique du Congo payent leur personnel en tenant compte du taux du jour ou en dollars sans distinction de nationalité. A titre de comparaison, un agent d’une modeste banque installée sur le Boulevard du 30 juin a gagné 110 000 francs de salaires de plus en mai dernier qu’un agent de la BCDC qui a pourtant (sur papier) un salaire plus costaud. La raison: il a été payé en dollar alors que celui de la vieille banque s’est contenté des francs congolais au taux de 950 francs. La question que d’aucuns se posent au regard de cette situation qui ne permet plus au bon nombre d’agents et cadres de couvrir les deux bouts, c’est celle de savoir où vont d’importantes sommes qui sont visiblement retranchées chaque mois dans leur salaire ? La direction générale de la BCDC est restée sourde à nos tentatives d’avoir sa version des faits avant la publication de cet article. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
Jean Dende/CP