Baromètre du gouvernement du mois de septembre: Bruno Tshibala peine à décoller

Globalement, selon le baromètre du mois de septembre réalisé à Kinshasa et dans les principales villes de la République démocratique du Congo du 04 au 05 Octobre 2017, l’action du gouvernement central est étouffée par l’asphyxie financière que connait la population congolaise ces derniers temps.

 
Le Premier ministre Bruno Tshibala a de plus en plus du mal à se faire accepter dans l’opinion publique congolaise. Cinq mois après sa nomination, sa cote de popularité ne cesse de dégringoler.
Ce, dans un contexte de crise multiforme qui frappe de plein fouet la République démocratique du Congo. Contexte marqué notamment par le énième report des élections d’une part et la paralysie des activités du secteur de l’enseignement national et de la santé. 
Au-delà de tout, ce sont les difficultés quotidiennes de la vie aggravées par la dépréciation du franc  congolais qui poussent bon nombre des congolais à ne pas croire aux promesses de l’ancien Porte-parole du Rassemblement des Forces sociales et politiques acquises au changement.
Parmi les personnes enquêtées, 87% ne croient pas à sa promesse de ramener le taux de change à 1000 FC le dollar et justifient ce scepticisme par son incapacité et impuissance à contrôler la chaine des dépenses. 
D’autres vont jusqu’à affirmer qu’il est sur les traces de son prédécesseur Samy Badibanga et ne pourra tenir aucune de ses promesses. 
Globalement, il se dégage dans l’opinion publique une image très négative et un sentiment d’insatisfaction surtout qu’un bon nombre de sondés relèvent que les grandes attentes suscitées par son discours d’investiture et surtout par son discours de présentation du budget de l’exercice 2017 se sont soldées par un échec. 
Sur les 67% de personnes insatisfaites de l’action du Chef du gouvernement, 80% se disent très mécontentes, allant jusqu’à affirmer qu’il ne contrôle rien.
Par contre, 28% trouvent que le Premier ministre est plutôt sur une bonne voie, mais ne dispose pas des moyens de sa politique.
Parmi les actions posées par ses ministres dans leurs secteurs respectifs, celles qui ont retenu l’attention de la population pendant cette période sont entre autres : la réussite de la conférence sur la paix dans le Grand Kasaï ; la poursuite du programme de la mise à la retraite des fonctionnaires de l’Etat et le rajeunissement de l’administration publique ; l’ouverture à l’international de  l’aviation congolaise ; les intenses activités diplomatiques ; la légère stabilisation du taux de change ; la présentation et la défense des intérêts de la RDC au Comité international des droits de l’homme ; le début de l’application des 28 mesures économiques du gouvernement ; la lutte contre les maladies épidermiques ; le lancement des travaux de réhabilitation de la route Mokali et du boulevard Lumumba sur son tronçon compris entre Bibwa et Kinkole à l’Est de Kinshasa et la lutte contre les constructions anarchiques à Kinshasa.

Bien entendu, certains enquêtés ont choisi d’autres actions mais faute de faire l’unanimité, elles n’ont pas été retenues et ne figurent donc pas dans ce rapport qui ramasse tous les secteurs de la vie nationale.
Il y a lieu de signaler que dans ce baromètre gouvernemental, les tendances en termes des personnalités gardent presque la même configuration car, Michel Bongongo de la Fonction publique, continue à marquer positivement l’opinion avec 68% à cause des retombées de son action sur le Projet de Réforme et de Rajeunissement de l’Administration Publique.
Par ailleurs, certains ministres qui figurent dans ce rapport sont au centre de certains dossiers chauds du moment mais ont été sauvés par d’autres actions posées dans le cadre de l’exercice de leurs  fonctions. 
C’est le cas de Ramazani Shadari de l’Intérieur (63%) et Léonard She Okitundu (61%). En effet, bien que malmenés à l’Assemblée nationale dans les Affaires de la gestion de crise dans les Assemblées provinciales et de la suppression des passeports semi-biométriques, ces deux membres du gouvernement se sont rachetés par des actions à impact visible appréciées par la population notamment la parfaite organisation de la conférence sur la paix dans le grand Kasaï pour le premier et des activités diplomatiques productrices pour le second.
José Makila du Transport (61%) se distingue par ses efforts qui ont permis à la navigation aérienne congolaise de s’ouvrir à l’international.
Modeste Bahati (58%) reste dans les esprits des Congolais à cause entre autres, du rôle stratégique de son ministère et de son implication en coulisses pour l’application de 28 mesures économiques du gouvernement dont il était un des acteurs phares lors de son passage au Ministère de l’Economie.  
Le ministre des Finances, Henri Yav s’en sort bien dans ce sondage avec 57% de cote de satisfaction notamment pour des efforts déployés par son ministère pour une gestion rationnelle des recettes en vue de permettre au gouvernement de travailler sur une base de déficit zéro.
Toutes les personnes enquêtées ou presque sont unanimes pour dire qu’il est au four et au moulin pour la stabilisation de la monnaie locale qui s’échange actuellement à 1557 FC. Elles estiment qu’il a mis son expérience et son expertise en pratique pour aboutir à une légère stabilisation du taux de change à laquelle on assiste depuis pratiquement un mois.
Bien que devenu peu visible dans les médias depuis un temps, l’ombre du Ministre de la communication et Médias, Lambert Mende plane toujours dans les esprits des Congolais qui sont 54% à lui exprimer leur satisfaction. Ce bon positionnement de l’Autorité morale de la CCU s’explique par le fait que les personnes interrogées jugent qu’il est une des pièces maitresses de l’actuel système politique en jouant selon elles, à la fois porte-parole du Gouvernement, du Chef de l’Etat et de la Majorité présidentielle.
La liste continue avec Thomas Luhaka 53% ; Oly 51% ; Papy Nyango 50%
Ce baromètre révèle aussi que les ministres qui ne s’expriment pas assez dans la presse n’impriment pas assez dans l’opinion et par conséquent leurs actions quelle que soit leur ampleur,  ont tendance à passer inaperçue. Cela étant, les enquêteurs ont déduit que tous les ministres qui ne font pas partie de ceux qui marquent l’opinion ne mécontentent pas forcément  la population.
L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatives de la population congolaise âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, par questionnaire auto-administré en face à face. 

Les Points

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WhatsApp chat