Après l’élection de la RDC au CDH-NU, Washington en colère

Portée par le groupe africain, la République démocratique du Congo a été élue, lundi 16 octobre, au Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH-NU). Une victoire que savoure Kinshasa mais irrite Washington et des ONG des droits de l’homme.

Alors que des voix s’élevaient pour barrer la route à l’entrée de la République démocratique du Congo à ce cénacle onusien, Kinshasa a pourtant remporté, haut la main, son élection.
Les membres de l’Assemblée générale des Nations unies ont voté à 151 voix sur 193 pour l’admission de la RDC au sein de l’institution pour la période de 2018 à 2020.
« C’est la première fois que notre pays pourra siéger au sein du Conseil », s’enthousiasme Marie-Ange Mushobekwa, ministre congolaise des Droits humains à Jeune Afrique. « Nous avons conscience des défis à relever pour promouvoir les droits de l’homme partout dans le monde. », a-t-elle ajouté.
Et pourtant, la candidature de la RDC a été très contestée par nombre de Congolais et des ONG des droits de l’homme. Une fois concrétisée, cette élection a provoqué un tsunami de réactions aussi bien à l’étranger qu’en RDC.
Washington a été l’un des premiers à ouvrir le feu. Les Etats-Unis qui se sont exprimés à travers leur ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley, citée par l’AFP, ont rappelé une litanie de violations des droits de l’homme commises par la RDC. « Ce pays connu pour sa répression politique, sa violence faite aux femmes et aux enfants, ses arrestations et détentions arbitraires, ses homicides et disparitions illégales, a été élu pour travailler au sein de l’institution la plus importante pour les droits de l’Homme », dénonce Nikki Haley. Avant de se déferler sur le système de vote de ce conseil onusien: « Les droits de l’Homme sont trop importants pour laisser un système dépassé continuer à exister sans être contrôlé ni réformé ».
Nikki Haley qui doit se rendre le 21 octobre à Kinshasa, avait déjà jugé le soutien à la candidature de la RDC d’«un manquement inexcusable » à la promotion des droits humains par les pays africains.
Ce sont ces Etats africains, justement, qui ont endossé la candidature de la RDC pour la faire passer au Conseil des Droits de l’homme de l’Onu. Ce que n’a cessé de vanter Leonard She Okitundu, Vice-Premier ministre des Affaires étrangères. Celui-ci, très convaincu de cette élection, voyait l’échec de la RDC comme « une surprise » difficilement envisageable.
De son côté, l’ONG des droits de l’homme Human Rights Watch s’est également exprimée après cette élection et y voit « un véritable camouflet pour les nombreuses victimes des graves abus commis par le gouvernement congolais à travers le pays. », a réagi Louis Charbonneau.

Un exploit criminel !
L’hémorragie de réactions ne se claque pas ! Pour Sam Bokolombe, député d’opposition et ancien cadre de l’UNC, cette élection est un « exploit criminel ». Un « triste jour pour les droits de l’Homme, ce 16 octobre 2017 ! La RD-Congo, l’une de leurs terreurs mondiales élues au CDH-NU ! », balance-t-il sur son compte facebook. De son côté, le célèbre gynécologue Dénis Mukwege a exprimé son indignation, ce mardi 17 octobre, sur son compte twitter : « La RD Congo, pays de répressions politiques, élue au Conseil des droits de l’homme. Quelle contradiction! », s’est-il exclamé.

CN

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